C’est quoi cet odonate ? Deux mots sur la classification.

Si mes sorties natures sont souvent l’occasion de photographier de petites bébêtes pour le plaisir des yeux, je n’aime pas rester sans savoir leur petit nom et franchement, dans le monde des insectes, c’est parfois complexe… J’utilise le tag  « insectes » au sens « populaire », mais même sans être puriste, je ne peux pas l’utiliser  pour présenter les papillons, araignées, et autres scarabées sans plus de précision.

Les arthropodes (du grec arthron, «articulation» et podos, «pied») constituent l’embranchement le plus important du règne animal. On en connaît environ 875 000 espèces que l’on trouve dans tous les milieux, aussi bien sur terre que dans les eaux douces ou salées. Cet embranchement comporte les insectes mais aussi les crustacés, les myriapodes et les araignées.  J’ai toutefois préféré faciliter les choses et présenter ces petites bêtes sous l’appellation un peu fourre-tout  « insectes » dans la catégorie « faune ».

La classe des insectes proprement dite comporte une trentaine d’ordres (plus ou moins selon la prise en compte de certaines subdivisions), répartis en deux sous-classes : aptérygotes et ptérygotes. Une théorie récente bouleverse pourtant complètement cette classification traditionnelle mais laissons cette querelle aux scientifiques dont je ne suis pas.

Donc, avant de vous livrer mes photos, il me faut chercher l’identification précise de la bestiole et franchement si c’est assez simple pour certaines (coléoptères, lépidoptères…) dont l’aspect visuel a peu de variantes, c’est, à mon goût, plus difficile avec les libellules. En langue française, le terme de libellule est en général employé au sens large pour désigner les odonates, qui regroupent deux sous-ordres : les demoiselles (Zygoptera) et les libellules stricto sensu (Anisoptera). Par ailleurs, c’est dans ce dernier que ce trouve la famille des Libellulidae et on compte plus de 1 000 espèces de libellules appartenant à cette grande famille !

Par exemple, à quelle espèce appartient cet odonate ?

Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d'or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d’or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

C’est un Sympétrum jaune d’or mâle (Sympetrum flaveolum) malgré l’appelation. Il se distingue des autres Sympetrum par la présence d’une large tache ailaire de couleur jaune paille à orange (aile postérieure). Le mâle est rouge/orange vif et la femelle est jaune. Mais on peut le confondre avec S. fonscolombii (même pour l’extension de la coloration alaire). Il faut donc étudier différents critères très précis pour certifier une espèce. Par exemple Sympetrum. fonscolombii n’a pas cette ligne noire continue sur le flanc de l’abdomen. Les nervures alaires sombres excluent la confusion avec un mâle atypique de S. fonscolombii dont certains ont beaucoup de jaune sur les ailes. Enfin, le rapport de largeur entre l’anneau antérieur et l’anneau postérieur (qui n’est pas le même dans toutes les espèces) correspond bien à S. flaveolum. Pris séparément, ce n’est pas un critère suffisant du fait de la variabilité individuelle, mais c’est un critère secondaire utilisable pour, combiné aux autres, dissiper les doutes dans les cas « limites », du moins pour cette espèce par rapport à S. fonscolombii dont l’anneau postérieur est proportionnellement plus large…

Et celui-là ? 

Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

C’est une libellule à quatre taches (mâle), Libellula quadrimaculata. Elle est ainsi nommée car elle possède une tache foncée sur chaque nodus (« quadrimaculata » signifie « quatre petites taches »). Mais dans le cas de ma photo, les tâches du milieu des ailes sont invisibles. Il faut donc regarder d’autres critères comme : les ailes postérieures qui possèdent toujours une tache brune à leur base, la couleur ambrée sur les quatre ailes vers l’avant… etc.

Pour ce couple de Zygoptères (c’est à dire les « demoiselles, relire plus haut) j’ai longtemps hésité entre Leste Dryas et Leste Sponsa.

Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau
Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

Réponse des spécialistes d’insecte.org:

Lestes dryas car :
– les ptérostigmas sont courts et épais
– l’abdomen  de la femelle est massif
– la coloration du S2 de la femelle n’est visiblement pas en forme de 2 triangles mais plutôt d’un rectangle.
La zone sans pruine de la partie distale du S2 du mâle se vérifie ici, mais c’est un très mauvais critère puisqu’on le trouve aussi pour L. sponsa, même si la limite des 2 colorations peut faire la différence. La couleur des yeux est aussi vraiment différente de ceux des L. sponsa; un bleu plus foncé pour le mâle, plus foncé le brun aussi pour la femelle.
L’idéal est de pouvoir observer les appendices anaux du mâle et la longueur de l’ovipositeur de la femelle (quoique ce dernier point soit, pour moi, sujet à caution).

Bref, dans ce monde grouillant, rien n’est simple et c’est souvent de longues discussion avec des spécialistes, pas toujours « faciles » à comprendre !

 

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