Pour certains d’entre nous, les vacances approchent à grands pas. Et à grands pas, c’est justement le rythme de vos randonnées cet été. Mais comment ramener de belles images de vos excursions en montagne tout en maintenant le rythme ? Quel matériel emporter dans votre sac à dos pour faire des images qui en mettent plein la vue et que vous serez fier de montrer à votre retour à vos amis ou sur les réseaux sociaux sans avoir peur des critiques, de toutes manières infondées ? S’il est difficile de concilier efficacement photographie et marche sportive, il existe malgré tout, quelques trucs simples pour faire de très belles images dépassant le cadre de la photo souvenir lors de vos randonnées, treks et autres voyages.

La toile et les réseaux sociaux regorgent de photos de paysages de montagne, de portraits de voyage ou de la fore et de la faune absolument exceptionnelles. Mais sont elles prises lors de randonnées classiques ? Pour la plupart, la réponse est non ! En effet, les professionnels de la photographie qui réalisent des images  hors du commun y consacrent beaucoup de temps ! Du temps pour faire des repérages, puis du temps pour patienter avant d’y retourner avec les bonnes conditions de lumière et du temps pour faire l’image (composition, réglage, retouches etc…). Difficile donc de faire de même pendant vos 15 jours de vacances en famille dans les Ecrins à moins d’avoir une épouse et des enfants très compréhensifs (là, je sais de quoi je parle…) !

Astuce 1 : Choisir un matériel très polyvalent

Autoportrait, marseille, (C) 2013 Greg Clouzeau
Autoportrait, marseille, (C) 2013 Greg Clouzeau

Si vous êtes comme moi à vous émerveiller tant pour le paysage que la petite bête cachée dans les fleurs, les sujets à photographier lors d’une randonnée en montagne se présentent presque à chaque pas ! Il serait dommage de sacrifier des images parce que vous n’avez pas le matos adapté à la prise de vue. Pour autant, plus la rando est difficile et technique ou longue et moins vous aurez la possibilité de charger votre sac à dos de boîtiers et objectifs. C’est lourd, encombrant et en plus cela prendrait trop de temps de passer de l’un à l’autre. Pour commencer, je sacrifice l’usage du pied photo même télescopique. Ensuite , il faut faire un compris selon l’utilisation final des images. Pour faire un livre photos souvenirs ou quelques tirages format A4 maximum, on peut s’en sortir avec un appareil photo amateur sans avoir à utiliser un lourd et coûteux boîtier pro.

Un bon compact peut faire de très belles images.  Avec leur zoom rétractable, ils permettent même de tirer le portrait d’une fleur remarquable ou d’un scarabée doré.  Ils ont quand même des limites. Impossible de tirer une belle image d’un chamois en fuite à 600 m, d’une marmotte vous sifflant de loin ou d’un choucas hurlant dans les rochers sans qu’ils ne ressemblent qu’à un point sombre difficile à identifier sur votre tirage 10X15. Côté paysages, il sera sans doute difficile d’en afficher toute l’étendue si ce n’est en réalisant d’hasardeux panoramiques à main levée. Mais un compact prend peu de place et ne pèse rien et sera donc facilement accessible. Il en va de même avec les bridges, appareils un peu plus volumineux et lourds mais qui offrent des capacités de zoom hors du commun (voir le dernier Sony RX10 III par exemple). Enfin, depuis 2010, l’arrivée et le développement très rapide des hybrides permet de trouver des appareils très compacts et performant avec de belles optiques. En 2016, à niveau de gamme équivalente, reflex et hybride délivrent strictement la même qualité d’image. Bref, leur seul grande limite, c’est leur petit capteur qui limite considérablement la taille de l’image et donc la possibilité de faire un tirage papier au-delà du 20X30 cm.

Donc sauf à se cantonner dans un domaine particulier de la photo (paysages, macro…) j’opte toujours pour un reflex.

Deux options sont alors possibles : un boîtier plein format assez coûteux et souvent lourd ou un moyen de gamme, donc doté d’un capteur Apsc, qui donnera des images un peu plus petite mais autorisant quand même des tirage grand format. Côté objectif, là encore deux possibilités, quelques focales fixes couvrants plusieurs angles (donc du temps de perdus en changement d’objectif et du poids supplémentaire) ou un zoom polyvalent type 18-135 mm. Vous l’aurez compris, le zoom sera plus adapté à notre trek ! C’est certes moins performant pour le paysage qu’un très grand angle ou qu’un zoom macro pour les fleurs et insectes mais c’est moins lourd, rapide et assez efficace.

On complétera l’équipement par un kit de nettoyage (c’est léger et peu encombrant), éventuellement quelques filtres dont le filtre polarisant pour accentuer les contrastes et/ou un filtre dégradé de gris pour, au contraire diminuer les contrastes de lumière entre les zones d’ombre et les zones lumineuses. Pensez à prendre plusieurs cartes et des batteries de rechange, chargées.

Enfin, il y a le choix du sac. Une petite housse matelassée suffira pour les compacts et bridges. Pour les reflex et hybrides, deux possibilités : un sac photo à mettre dans le sac à dos de randonnée mais pouvant être portée indépendamment idéalement en banane, soit un sac photo pro avec un compartiment pour votre matériel de randonné mais là, l’investissement est conséquent !

Campagne bretonne, (C) 2015 Greg Clouzeau
Campagne bretonne, (C) 2015 Greg Clouzeau

Astuce 2  : Faire les bons réglages et avoir les bons reflex !

1° Pré-réglez ce qui peut l’être !

L’avantage d’un boîtier reflex un peu haut de gamme, c’est de disposer de sélecteurs programmables. Je m’explique sur votre molette, outre le programme « tout auto » (vous savez le rectangle vert que vous n’utilisez jamais), il y a les modes « priorité vitesse », « ouverture », le mode « manuel » et parfois des programmes tout prêts pour la macro, le paysage, le sport, etc., qu’il vaut mieux ignorer. Sur un boîtier pro ou semi pro, se trouve généralement des crans à programmer. Sur Canon C1, C2 et C3, sur Nikon, U1, U2…

Ce sont des réglages de prises de vue personnalisables que vous pouvez préparer à l’avance en fonction des circonstances. Vous préparerez par exemple C1 pour le paysage ensoleillé (disons par exemple en Priorité ouverture f16 à une sensibilité de 100 Iso en Style d’Image « Paysage » avec un contraste renforcé et une saturation un peu poussée). Le mode C2 pour des images de « macro » (en Priorité ouverture à f4, avec une sensibilité de 200 ISO, etc.). Et le mode C3 pour les ciel couvert, zones en sous-bois… (disons par exemple en Priorité ouverture f8 à une sensibilité de 400 Iso en Style d’Image « monochrome » avec un contraste renforcé et une saturation un peu poussée). Du coup, durant votre marche, si le ciel se couvre, passez en C3 avant de faire la photo ou si vous arrivez au contraire sur un pierrier en plein cagnard, vous poussez le selecteur sur C1. Voilà comment rester réactifs en n’ayant que peu de réglages à refaire.

Comment ça marche ? Pour mémoriser mes réglages personnalisés, je me positionne dans le mode (P, Tv, Av, M) duquel je veux partir, paufine mes autres paramètres (jusqu’au choix RAW-jpg, type de mesure, cadence, exposition décalée…), puis vais dans le menu fonction personnelle et enregistre sous le n° de mon choix (C1 C2 ou C3). A partir de ce moment, à chaque fois que tu feras appel à tes modes Cx, c’est l’exacte réplique des réglages sauvés qui s’applique ! Mais attention, il faut parfois affiner cette base avant de déclencher. On peut changer ici et là une valeur (ISO, ouverture…) pour mieux coller à l’instant présent. Si ce changement s’avère meilleur pour la suite des photos à prendre, je re-sauvegarde les réglages !

2° Mesurez sur les hautes lumières !

Une photo sur-exposée est presque toujours une photo perdue ! Du coup, je prends ma mesure sur les plus fortes lumières en spot (ce qui ne couvre que 3% de l’image environ). Conséquence les zones les plus claires sont correctement exposées.

Attention quand même, car certaines surfaces (neige, eau, rochers blancs, soleil…) conduisent immanquablement votre appareil à compenser la sur-brillance et le reste de l’image devient très sombre (mais c’est presque rattrapable en post traitement) ! En fait, c’est comme quand vous regardez un truc qui vous éblouie, vous fermez les yeux et le reste est dans le noir…

Rocher des Goudes, Parc National des Calanques, Marseille, (C) 2013 Greg Clouzeau
Rocher des Goudes, Parc National des Calanques, Marseille, (C) 2013 Greg Clouzeau

Astuce 3 : Osez le noir et blanc quand c’est naturellement fade !

J’adore le noir et blanc, notamment en street photographie. En randonnée, la photographie en noir & blanc est particulièrement intéressante certains paysages contrastés ou au contraire quand le ciel n’est pas terrible et les couleurs très fades. Le noir et blanc est donc top s’il y a des contrastes lumineux importants, pour mettre en valeur la surface de la roche ou accentuer le caractère nuageux. Si vous n’avez pas photographié directement en noir et blanc, le travail peut toujours se faire en post-traitement où, en plus, je peux régler les valeurs des gris en jouant sur les filtres rouge, vert, bleu, jaune…

Mais attention, le noir et blanc ne fonctionne pas toujours notamment avec les couleurs chaudes d’un coucher de soleil par exemple. Une image fonctionne s’il y a de l’émotion ou une histoire. Sans une structure forte, la lecture d’un cliché en valeur de gris ne fonctionne pas. Il faudra donc qu’il y ait des éléments structurants et une composition soignée.

Le rond coin, Bréhat, Bretagne, 2012, (C) Greg Clouzeau
Le rond coin, Bréhat, Bretagne, 2012, (C) Greg Clouzeau

 

Astuce 4 : travaillez votre composition en intégrant des éléments forts sur les lignes des tiers.

En montagne ou sur un sentier il est parfois difficile de se placer pour cadrer comme bon nous semblerait. A défaut de se placer où l’on veut, on se concentrera sur le cadrage pour choisir ce qui sera dans le champ ou non pour structurer notre image et certaines compositions fonctionnent mieux que d’autres.
C’est le cas des images suivant la “règle des tiers ″ qui offrent une dynamique agréable à l’oeil. Il faut créer une circulation du regard dans l’image plutôt que de l’inviter à se focaliser sur le centre de l’image ! Le principe des tiers est simple. On divise l’image  en 3 sur la hauteur et sur la longueur.  Chaque croisement des verticales et horizontales correspond à une zone forte de l’image. Placez- y  les éléments forts ((personnes, rochers, arbres, maison) qui composent les lignes « naturelles » du paysage (horizon, arêtes des montagnes, sentier et cours d’eau…) pour composer votre image. Ceci dit on peut prendre le contre-pied total de cette règle en plaçant par exemple un arbre solitaire en plein milieu d’une prairie.

 

Chapelle du Lauzanier, PN du Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau
Chapelle du Lauzanier, PN du Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau

Pour redonner un peu de la profondeur d’un paysage ou pour lui apporter un peu de dynamisme, il ne faut pas hésiter à placer au premier plan un élément qui permet de “rentrer dans l’image” et conduit au second comme un rocher, une fleur… S’il n’y a pas d’éléments naturels aussi évidents ou un sentier ou une rivière qui puisse servir de guide, baissez-vous ou grimpez sur un rocher. Cela permet d’intégrer un rocher, une plante ou un bout d’arbre plus facilement. Pour redonner de la profondeur, utilisez un personnage peu aussi être très utile.

Je prends toujours le temps de faire un cliché format paysage et un cliché format portrait. Dans la mesure du possible, je multiplie les cadrages d’un même sujet. Si la randonnée fait une boucle et que je ne dois pas repasser au même endroit, alors je me retourne régulièrement pour voir un point de vue différent.

Astuce 5 : jouez avec les contrastes ou les couleurs pour « dramatiser » le paysage

 

En regardant quelles sont les images que vous aimez le plus sur les réseaux sociaux, je dirai que ce sont celles « qui claque sa mère » ! Là encore, si la lumière est fade, le ciel gris… va falloir ruser ! Zoomez pour faire disparaître un peu du ciel et se concentrer sur les couleurs. Cela fonctionne aussi quand les contrastes sont très importants avec des éléments peu importants.

Descente vers l'Ubayette, PN Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau
Descente vers l’Ubayette, PN Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau

Astuce 6 : réussir un panorama à main levée !

Comme vous j’apprécie particulièrement les vastes espaces qu’offre la montagne. Et c’est parfois très frustrant d’en repartir qu’avec des fragments photographiques parce que l’on est limité par les capacités de son appareil ! Outre les fonctions panoramique de son smartphone, avec un reflex et pas de pied photo, il va falloir construire un panoramique à main levée, puis revenu dans la grisaille du quotidien, se taper une séance de post-traitement en fusionnant plusieurs images avec un logiciel type Photoshop ou Canon PhotoStitch…

Pour réussir plus facilement son panorama voici quelques conseils. Lors de la prise de vue, faites la mise au point sur l’infinie en manuel et en débrayant l’autofocus (sinon vous risquez que l’AF cherche à faire le point et une image sera plus flou que les autres !) Ouvrez à f18, et réglez la sensibilité entre 200 et 400 ISO en mode priorité vitesse (Av). Prenez une ou deux photos tests pour affiner le réglage si besoin et prendre vos 5 à 10 images. Attention, sans pied photo, la rotation doit s’effectuer lentement et les bras ne doivent bouger. Vous veillerez à ce que chaque image se chevauche d’au moins 1/4 . Cadrez au plus large, le haut et le bas de l’image sont souvent des bords perdus qu’il faudra couper. Évitez les éléments de premier plan trop rapprochés ou massifs qui perturbent les logiciels de création du panoramique.

Marseille vue de Sormiou, panorama (C) 2013 Greg Clouzeau
Marseille vue de Sormiou, panorama (C) 2013 Greg Clouzeau

Astuce 7 : Faites-vous plaisir, sortez des clichés et sentiers battus !

Une belle image c’est bien. Une belle image, qui plus est insolite, c’est mieux ! Si vous ne trouvez pas de marmotte acceptant de poser pour faire ce cliché très montagne mais aussi tellement touristique, essayez des thèmes comme les CréNatures, les images décalées (souvent à contre-pied des Astuces énumérées jusque là) ou très minimalistes.

Marmotte du Parc National du Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau
Marmotte du Parc National du Mercantour, (C) 2014 Greg Clouzeau

 

 

 

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