Réussissez vos photographies sur la neige !

La neige à Bleau, c’est plutôt exceptionnel ces dernières années et même si les franciliens deviennent la risée des canadiens ou des savoyards dès qu’il tombe trois flocons sur Paris et l’Ile-de-France, quand on a 15 cm de peuf sur les rocher de Fontainebleau, un photographe se doit de se précipiter en forêt pour immortaliser le moment ! Du coup, mercredi, profitant du blocage francilien, direction Forêt domaniale de Fontainebleau dans les Gorges d’Apremont à Barbizon pour une journée blanche ! L’occasion aussi pour moi de vous rappeler quelques bons conseils pour réussir ses images hivernales !  Bon, je n’ai qu’un seul regret, le manque de soleil ce jour-là surtout après avoir vu les images de mes amis qui pouvaient être hier en forêt avec un magnifique ensoleillement et un ciel bleu profond. Je croise donc les dois pour samedi. Avec un peu de chance, avec ce qui tombe au moment où j’écris ces lignes, ce sera top !

Alors, comment réussir ses photographies sur la neige ? Je ne vais pas revenir sur la composition des images de paysage et de randonnée (règle des tiers, cadrage, premier plan… ) mais juste vous donner quelques conseils rapides et faciles à appliquer avec votre appareil ou smartphone.

Primo, la neige c’est…blanc ! Pas rose, orange ou bleu…mais blanc.

Secundo, la neige est faite de cristaux qui réfléchissent la lumière.

Tertio, c’est froid et ça mouille.

Quarto, attention, c’est beau mais parfois dangereux…

Enfin, les règles photo, c’est aussi fait pour être transgressées

La neige c’est blanc…et puis c’est tout !

Bon c’est une évidence pour les pros de la photographie mais le fait que la neige soit blanche rend plus difficile la photographie ! Ben oui, nos appareils considèrent qu’une bonne mesure de la lumière correspond à un gris moyen ou neutre à 18% et non un blanc. En effet, lorsque l’on fait une mesure de lumière avec son appareil photo, il s’agit toujours d’une mesure en lumière réfléchie par le sujet. C’est le problème d’Albédo ! Celui qui nous indique le pouvoir de réflexion d’une matière. Par exemple un morceau de tissu noir renvoie très peu de lumière (5 à 10 %) alors que la feuille blanche en  réfléchit près de 80 %. Qu’est-ce que cela signifie en terme de photographie ? Eh bien que les cellules de nos appareils ne sont pas encore intelligentes au point de savoir de quelle matière sont faits les sujets que l’on photographie…

Du coup, sur notre tissu noir, elle réagit comme s’il s’agissait d’un sujet normal ayant un pouvoir de réflexion de 18 % qui serait donc mal éclairé. Du coup, pour compenser ce qu’elle croit être un manque de lumière, la cellule va proposer un réglage (vitesse, ouverture, ISO) pour laisser entrer plus de lumière et notre tissu noir paraîtra gris… Inversement, avec la feuille blanche, la cellule qui considère toujours que c’est un sujet normal mais trop éclairé,  va proposer de laisser entrer dans l’appareil photo quatre fois moins de lumière. Conséquence, l’image de votre feuille est grise…et vos photos à la neige trop sombres !

Cristaux neige, Trois Pignons, 2017

Cristaux de neige, légèrement sous exposés donc rattrapable… Trois Pignons, 2017

Vous devez donc être très attentif à l’exposition ce qui, je vous l’accorde, n’est plus trop un problème avec le numérique. On efface et recommence… En plus, pour les très débutants,  les appareils modernes comme les smarphones possèdent des modes préprogrammés pour compenser le phénomène ! Ainsi, si vous avez une icône « montagne », « ski » ou « mer » par exemple, c’est par ce réglage que vous pouvez indiquer à l’appareil photographique que vous êtes sur une surface très réfléchissante (sable, eau, neige…). Sinon, sur votre smartphone, sortez du mode auto pour passer en manuel et sur-exposé l’image l’un à deux IL.

Bon, côté experts, le plus simple c’est d’utiliser la fonction de correction d’exposition  en surexposant de 1 IL puis d’ajuster la correction pour arriver au résultat souhaité. La plupart des appareils permettent de régler la correction d’exposition par paliers de 1/3 IL. Après, chez les pros, certains photographient en RAW, pour récupérer une sous-exposition en post-traitement dans un logiciel de retouche.

Ensuite, cela dépend bien entendu du type de mesure que vous faite et du sujet. Sur un large paysage enneigé avec des parties sombres et contrastées (des rochers, un ciel bleu, des personnes…), la plupart des appareils vont s’en sortir correctement en faisant une moyenne et le blanc sera normal (ou presque). Enfin, rappel, une image « brulée » avec des blancs cramés ne peut pas se rattraper alors qu’une image un peu sous exposée peut souvent être éclaircie.

Cristaux de neige au soleil. Trois Pignons, 2017

Cristaux de neige au soleil. Trois Pignons, 2017

Question réglage des ISO, on peut démarrer à 100 par une journée lumineuse, 200 à 400 par temps couvert ou en sous bois.

Deuzio : Et la couleur ?… Question de réflexion !

Les grandes étendues blanches ont tendance refléter de la couleur de la lumière ambiante. Par exemple la neige va très certainement présenter une belle teinte bleue dans les ombres, ou dorée à certaines heures. Cela peut convenir pour souligner une ambiance froide ou chaude mais si vous souhaitez avoir une neige blanche, il faut neutraliser tout dominante colorée en réglant avec soin la balance des blancs. Pour y parvenir vous pouvez faire une balance des blancs manuelle ou bien utiliser un des modes prédéfinis de votre appareil photo. Après, franchement, c’est une question de goût et d’émotion véhiculé par l’image. Là encore, ceux qui shoot en RAW peuvent facilement modifier cette balance en post traitement…

Les Dentelles de Montmirail, 1996, (C) Greg Clouzeau

Les Dentelles de Montmirail, 1996, (C) Greg Clouzeau

Tretio, c’est froid et ça mouille !

Je dis ça juste pour ne plus croiser des gens sous équipés en montagne ! Mais tout de même, pensez à vous habiller chaudement, avec des vêtements techniques et encore plus chaudement si vous prévoyez de rester longtemps immobile ou que les conditions peuvent tourner à la tempête. Prévoyez donc gants, bonnes chaussures, bonnet, un change dans la voiture et surtout restez au sec… Vous pouvez également préparer un thermos de café ou de thé brûlant pour vous réchauffer et vous réhydrater. C’est pas parce que l’on a pas chaud que notre corps n’élimine pas d’eau !

Même dans les Gorges d'Apremont à Fontainebleau, habillez-vous "montagne"

Même dans les Gorges d’Apremont à Fontainebleau, habillez-vous « montagne »

Côté matos, l’hiver est une période plutôt agressive pour lui ! Froid et humidité ne font pas bon ménage avec l’électronique ! Lorsque vous ne l’utilisez pas, laissez-le dans votre sac à dos, car le froid peut entraîner des dysfonctionnements et surtout nuit gravement au fonctionnement des batteries. Mais attention, une fois sorti, il faut éviter de le ranger à tout bout de champ car les changements de température sont encore plus mauvais ! En fait, tout choc thermique est néfaste tant à l’appareil qu’à son objectif !

Ennemie numéro 1 : la condensation qui va se former sur les lentilles mais aussi dans votre objectif. Si par exemple vous avez la mauvaise idée de caler votre appareil dans votre doudoune pendant une bonne montée en raquette, il y a de fortes chances que ce petit coup de chaud suivi du gros coup de froid quand vous allez le sortir lui soit fatal… D’autre part, en laissant votre appareil allumé, vos batteries restent chaudes, ce qui leur permet de durer plus longtemps… Pensez à prendre des batteries de rechanges, le froid les consomme bien plus vite que d’ordinaire. Les filtres également peuvent être un vrai plus en montagne en protégeant votre objectif des rayures ou des projections, mais aussi pour lutter contre les UV et créer des effets. Accessoire indispensable selon moi, le pare-soleil, tant pour les reflets que la protection en cas de chute. Enfin, attention également au retour !

Une voiture ou une maison trop chaude au retour causeront elles aussi un choc thermique….

Quarto, c’est beau mais  parfois dangereux

Alors oui, les paysages enigés sont magnifiques et méritent bien une sortie. Toutefois, attention, la neige masque facilement les dangers. Outre les risques d’avalanches en montagne, lorsqu’elle tombe en quantité comme ces jours-ci en forêt de Fontainebleau, elle rend celle-ci dangereuse. Il faut se préparer mais aussi connaître son itinéraire, le balisage, voir le sentier disparaissant rapidement. Outre les risques de chutes et autres glissades dans les rochers, racines et trous peuvent être masqués. Mais le risque principal c’est la chute de branches ou d’arbres. L’ONF et le département appellent d’ailleurs à la prudence ce week-end tant sur les routes et parkings que sur les sentiers.

Attention aux chutes d'arbres et branches en forêt. Gorges d'Apremont, Fontainebleau, février 2018

Attention aux chutes d’arbres et branches en forêt. Gorges d’Apremont, Fontainebleau, février 2018

Lors de ma balade de mercredi, le profond silence des Gorges d’Apremont sous la neige était régulièrement troublé par le craquement des têtes de pins ou la chute d’arbres. Un conseil, évitez soigneusement les pinèdes !

Adoptez les bons réglages pour mieux s’en passer.

Les sujets sous la neige ne manquent pas : paysages, sports, animaux, macro et proxy, etc. Suivant votre sujet, vous devrez donc varier les vitesses d’obturation, jouer sur l’ouverture et la profondeur de champ… Là, c’est à vous de voir si vous voulez figer le mouvement des flocons de neige ou strier l’image d’une tempête par exemple. Une vitesse de 1/250 est une bonne base pour tenter de figer les flocons. Vous pouvez d’ailleurs user d’une mode priorité vitesse. Petite astuce, sortez le téléobjectif ! Comme vous le savez sans doute, il permet de « compresser » les distances, donc d’avoir plus de de flocons visibles sur la même image. Les flocons sont aussi un excellent sujet de macrophotographie par leur structure complexe.

Je ne le répéterai jamais assez, intéressez-vous aussi  aux détails. Un bout de neige sur la mousse… Vous pouvez également penser à l’eau, la glace, le givre… et à tous les reflets que cela offre. Enfin, lorsque le ciel est couvert ou complètement blanc, tout n’est pas perdu, passez à la Photo’Graphie ! Jouez avec la monochromie ou bi-chromie, insistez sur les contrastes et les formes quitte à sur-exposer le blanc de la neige pour faire des high key (ou au contraire en assombrissant au maximum l’ensemble pour des law key inquiétants), jouez avec les flous de bougez… bref, amusez-vous !

Enfin, même si la neige c’est blanc, en montagne aussi il y a les « heures dorées » et heures bleues, à vous d’en profiter ! Pour ma part, je préfère les teintes froides, bleutées et pastels caractéristiques de la saison hivernale au rougeoiement des paysages enneigés lors des levés et couchers du soleil.

Allez, on croise les doigts pour ce week-end et je vous souhaite à toutes et tous de faire de très belles images !

Retrouvez toutes mes images de la forêt de Fontainebleau sur mon blog :

FontaineBleau Passion

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