Réussissez vos photographies sur la neige !

La neige à Bleau, c’est plutôt exceptionnel ces dernières années et même si les franciliens deviennent la risée des canadiens ou des savoyards dès qu’il tombe trois flocons sur Paris et l’Ile-de-France, quand on a 15 cm de peuf sur les rocher de Fontainebleau, un photographe se doit de se précipiter en forêt pour immortaliser le moment ! Du coup, mercredi, profitant du blocage francilien, direction Forêt domaniale de Fontainebleau dans les Gorges d’Apremont à Barbizon pour une journée blanche ! L’occasion aussi pour moi de vous rappeler quelques bons conseils pour réussir ses images hivernales !  Bon, je n’ai qu’un seul regret, le manque de soleil ce jour-là surtout après avoir vu les images de mes amis qui pouvaient être hier en forêt avec un magnifique ensoleillement et un ciel bleu profond. Je croise donc les dois pour samedi. Avec un peu de chance, avec ce qui tombe au moment où j’écris ces lignes, ce sera top !

Alors, comment réussir ses photographies sur la neige ? Je ne vais pas revenir sur la composition des images de paysage et de randonnée (règle des tiers, cadrage, premier plan… ) mais juste vous donner quelques conseils rapides et faciles à appliquer avec votre appareil ou smartphone.

Primo, la neige c’est…blanc ! Pas rose, orange ou bleu…mais blanc.

Secundo, la neige est faite de cristaux qui réfléchissent la lumière.

Tertio, c’est froid et ça mouille.

Quarto, attention, c’est beau mais parfois dangereux…

Enfin, les règles photo, c’est aussi fait pour être transgressées

La neige c’est blanc…et puis c’est tout !

Bon c’est une évidence pour les pros de la photographie mais le fait que la neige soit blanche rend plus difficile la photographie ! Ben oui, nos appareils considèrent qu’une bonne mesure de la lumière correspond à un gris moyen ou neutre à 18% et non un blanc. En effet, lorsque l’on fait une mesure de lumière avec son appareil photo, il s’agit toujours d’une mesure en lumière réfléchie par le sujet. C’est le problème d’Albédo ! Celui qui nous indique le pouvoir de réflexion d’une matière. Par exemple un morceau de tissu noir renvoie très peu de lumière (5 à 10 %) alors que la feuille blanche en  réfléchit près de 80 %. Qu’est-ce que cela signifie en terme de photographie ? Eh bien que les cellules de nos appareils ne sont pas encore intelligentes au point de savoir de quelle matière sont faits les sujets que l’on photographie…

Du coup, sur notre tissu noir, elle réagit comme s’il s’agissait d’un sujet normal ayant un pouvoir de réflexion de 18 % qui serait donc mal éclairé. Du coup, pour compenser ce qu’elle croit être un manque de lumière, la cellule va proposer un réglage (vitesse, ouverture, ISO) pour laisser entrer plus de lumière et notre tissu noir paraîtra gris… Inversement, avec la feuille blanche, la cellule qui considère toujours que c’est un sujet normal mais trop éclairé,  va proposer de laisser entrer dans l’appareil photo quatre fois moins de lumière. Conséquence, l’image de votre feuille est grise…et vos photos à la neige trop sombres !

Cristaux neige, Trois Pignons, 2017

Cristaux de neige, légèrement sous exposés donc rattrapable… Trois Pignons, 2017

Vous devez donc être très attentif à l’exposition ce qui, je vous l’accorde, n’est plus trop un problème avec le numérique. On efface et recommence… En plus, pour les très débutants,  les appareils modernes comme les smarphones possèdent des modes préprogrammés pour compenser le phénomène ! Ainsi, si vous avez une icône « montagne », « ski » ou « mer » par exemple, c’est par ce réglage que vous pouvez indiquer à l’appareil photographique que vous êtes sur une surface très réfléchissante (sable, eau, neige…). Sinon, sur votre smartphone, sortez du mode auto pour passer en manuel et sur-exposé l’image l’un à deux IL.

Bon, côté experts, le plus simple c’est d’utiliser la fonction de correction d’exposition  en surexposant de 1 IL puis d’ajuster la correction pour arriver au résultat souhaité. La plupart des appareils permettent de régler la correction d’exposition par paliers de 1/3 IL. Après, chez les pros, certains photographient en RAW, pour récupérer une sous-exposition en post-traitement dans un logiciel de retouche.

Ensuite, cela dépend bien entendu du type de mesure que vous faite et du sujet. Sur un large paysage enneigé avec des parties sombres et contrastées (des rochers, un ciel bleu, des personnes…), la plupart des appareils vont s’en sortir correctement en faisant une moyenne et le blanc sera normal (ou presque). Enfin, rappel, une image « brulée » avec des blancs cramés ne peut pas se rattraper alors qu’une image un peu sous exposée peut souvent être éclaircie.

Cristaux de neige au soleil. Trois Pignons, 2017

Cristaux de neige au soleil. Trois Pignons, 2017

Question réglage des ISO, on peut démarrer à 100 par une journée lumineuse, 200 à 400 par temps couvert ou en sous bois.

Deuzio : Et la couleur ?… Question de réflexion !

Les grandes étendues blanches ont tendance refléter de la couleur de la lumière ambiante. Par exemple la neige va très certainement présenter une belle teinte bleue dans les ombres, ou dorée à certaines heures. Cela peut convenir pour souligner une ambiance froide ou chaude mais si vous souhaitez avoir une neige blanche, il faut neutraliser tout dominante colorée en réglant avec soin la balance des blancs. Pour y parvenir vous pouvez faire une balance des blancs manuelle ou bien utiliser un des modes prédéfinis de votre appareil photo. Après, franchement, c’est une question de goût et d’émotion véhiculé par l’image. Là encore, ceux qui shoot en RAW peuvent facilement modifier cette balance en post traitement…

Les Dentelles de Montmirail, 1996, (C) Greg Clouzeau

Les Dentelles de Montmirail, 1996, (C) Greg Clouzeau

Tretio, c’est froid et ça mouille !

Je dis ça juste pour ne plus croiser des gens sous équipés en montagne ! Mais tout de même, pensez à vous habiller chaudement, avec des vêtements techniques et encore plus chaudement si vous prévoyez de rester longtemps immobile ou que les conditions peuvent tourner à la tempête. Prévoyez donc gants, bonnes chaussures, bonnet, un change dans la voiture et surtout restez au sec… Vous pouvez également préparer un thermos de café ou de thé brûlant pour vous réchauffer et vous réhydrater. C’est pas parce que l’on a pas chaud que notre corps n’élimine pas d’eau !

Même dans les Gorges d'Apremont à Fontainebleau, habillez-vous "montagne"

Même dans les Gorges d’Apremont à Fontainebleau, habillez-vous « montagne »

Côté matos, l’hiver est une période plutôt agressive pour lui ! Froid et humidité ne font pas bon ménage avec l’électronique ! Lorsque vous ne l’utilisez pas, laissez-le dans votre sac à dos, car le froid peut entraîner des dysfonctionnements et surtout nuit gravement au fonctionnement des batteries. Mais attention, une fois sorti, il faut éviter de le ranger à tout bout de champ car les changements de température sont encore plus mauvais ! En fait, tout choc thermique est néfaste tant à l’appareil qu’à son objectif !

Ennemie numéro 1 : la condensation qui va se former sur les lentilles mais aussi dans votre objectif. Si par exemple vous avez la mauvaise idée de caler votre appareil dans votre doudoune pendant une bonne montée en raquette, il y a de fortes chances que ce petit coup de chaud suivi du gros coup de froid quand vous allez le sortir lui soit fatal… D’autre part, en laissant votre appareil allumé, vos batteries restent chaudes, ce qui leur permet de durer plus longtemps… Pensez à prendre des batteries de rechanges, le froid les consomme bien plus vite que d’ordinaire. Les filtres également peuvent être un vrai plus en montagne en protégeant votre objectif des rayures ou des projections, mais aussi pour lutter contre les UV et créer des effets. Accessoire indispensable selon moi, le pare-soleil, tant pour les reflets que la protection en cas de chute. Enfin, attention également au retour !

Une voiture ou une maison trop chaude au retour causeront elles aussi un choc thermique….

Quarto, c’est beau mais  parfois dangereux

Alors oui, les paysages enigés sont magnifiques et méritent bien une sortie. Toutefois, attention, la neige masque facilement les dangers. Outre les risques d’avalanches en montagne, lorsqu’elle tombe en quantité comme ces jours-ci en forêt de Fontainebleau, elle rend celle-ci dangereuse. Il faut se préparer mais aussi connaître son itinéraire, le balisage, voir le sentier disparaissant rapidement. Outre les risques de chutes et autres glissades dans les rochers, racines et trous peuvent être masqués. Mais le risque principal c’est la chute de branches ou d’arbres. L’ONF et le département appellent d’ailleurs à la prudence ce week-end tant sur les routes et parkings que sur les sentiers.

Attention aux chutes d'arbres et branches en forêt. Gorges d'Apremont, Fontainebleau, février 2018

Attention aux chutes d’arbres et branches en forêt. Gorges d’Apremont, Fontainebleau, février 2018

Lors de ma balade de mercredi, le profond silence des Gorges d’Apremont sous la neige était régulièrement troublé par le craquement des têtes de pins ou la chute d’arbres. Un conseil, évitez soigneusement les pinèdes !

Adoptez les bons réglages pour mieux s’en passer.

Les sujets sous la neige ne manquent pas : paysages, sports, animaux, macro et proxy, etc. Suivant votre sujet, vous devrez donc varier les vitesses d’obturation, jouer sur l’ouverture et la profondeur de champ… Là, c’est à vous de voir si vous voulez figer le mouvement des flocons de neige ou strier l’image d’une tempête par exemple. Une vitesse de 1/250 est une bonne base pour tenter de figer les flocons. Vous pouvez d’ailleurs user d’une mode priorité vitesse. Petite astuce, sortez le téléobjectif ! Comme vous le savez sans doute, il permet de « compresser » les distances, donc d’avoir plus de de flocons visibles sur la même image. Les flocons sont aussi un excellent sujet de macrophotographie par leur structure complexe.

Je ne le répéterai jamais assez, intéressez-vous aussi  aux détails. Un bout de neige sur la mousse… Vous pouvez également penser à l’eau, la glace, le givre… et à tous les reflets que cela offre. Enfin, lorsque le ciel est couvert ou complètement blanc, tout n’est pas perdu, passez à la Photo’Graphie ! Jouez avec la monochromie ou bi-chromie, insistez sur les contrastes et les formes quitte à sur-exposer le blanc de la neige pour faire des high key (ou au contraire en assombrissant au maximum l’ensemble pour des law key inquiétants), jouez avec les flous de bougez… bref, amusez-vous !

Enfin, même si la neige c’est blanc, en montagne aussi il y a les « heures dorées » et heures bleues, à vous d’en profiter ! Pour ma part, je préfère les teintes froides, bleutées et pastels caractéristiques de la saison hivernale au rougeoiement des paysages enneigés lors des levés et couchers du soleil.

Allez, on croise les doigts pour ce week-end et je vous souhaite à toutes et tous de faire de très belles images !

Retrouvez toutes mes images de la forêt de Fontainebleau sur mon blog :

FontaineBleau Passion

Snapseed, mon appli photo favorite sur smartphone a fait peau neuve

Comme vous le savez certainement, pour mon projet photographique 365, c’est à dire la publication  quotidienne d’une photographie originale (voir cette page pour plus d’explications) j’utilise l’appareil photo de mon smartphone et une application pour les retouches et signature. Parmi toutes les applications testées, Snapseed est, selon moi, l’application photo la plus complète et efficace, bref, indispensable. Je lui ai déjà consacré ici plusieurs articles car c’est aussi la plus intuitive dans l’utilisation.  Avant hier, l’interface a évolué par rapport à ma présentation initiale puisque Google a mis en ligne la version 2.18 ! L’occasion pour moi de revenir sur son fonctionnement à base calques indépendants et modifiables.

C’est quoi Snapseed ?

Snapseed est à l’origine une application de retouche photographique présente sur iOS. Peu de temps après le rachat d’Instagram par Facebook, Google a mangé SnapSeed en la rendant gratuite au passage. En septembre 2013, Google avait lancé une version Native Client pour Chrome de SnapSeed, en lien avec Google+, pour permettre des retouches de photos plus profondes avant de lancer la version 2.0 en 2015 cette fois sur Android et iOS. Cette application très complète et facile d’utilisation est devenue un outil indispensable à mes publications de photographies de rue. Je l’utilise pour signer mes images mais aussi traiter le noir et blanc à partir d’une image couleur faite au smartphone. Ainsi, toutes mes images de la série lèche vitrine qui sont en vente sont issues d’un traitement avec Snapseed.

Une des nombreuses photographies issues de ma série Lèche vitrine née dans mon projet 365

Une des nombreuses photographies issues de ma série Lèche vitrine née de mon projet 365 qui dure maintenant depuis plus de 4 ans

Snapseed Version 2.18 ça change quoi ?

Cette nouvelle mise à jour apporte une nouvelle interface ne révolutionne pas particulièrement l’application, mais l’interface a encore été simplifiée. Sur fond blanc, et avec trois onglets, elle facilite un peu plus la lecture sur les petits écrans.

Peu de nouveautés si ce n’est l’arrivée de nouveaux filtres pré-formatés comme ce qui se fait sur Instagram et qui vous sont proposés en priorité dès l’ouverture d’une photo. Bon, je suis pas très fan des filtres préfabriqués car ils suppriment à mon goût l’exploration créative… Toutefois, certains sont très bien faits comme celui nommée « Morning », le « Fineart » noir et blanc…

La vrai nouveauté c’est que vous pouvez maintenant effectuer vos modifications sur une image et les enregistrer sous forme d’un nouveau filtre, applicable rapidement sur les prochaines photos. Une option bienvenue qui vous fera gagner encore un peu plus de temps dans les transports et le partage de vos images. Qui plus est, pour celles et ceux qui souhaitent conserver une homogénéité de le traitement et la présentation de leur images pour créer une série, c’est top !

Enfin, l’autre changement concerne justement l’exportation et le partage des images.  Désormais, vous pouvez partager directement depuis l’appli, enregistrer une copie, exporter en modifiant le format et la qualité d’image désirée (mais il faut faire la sélection en amont). En plus, Snapseed nous offre aussi la possibilité d’enregistrer l’image dans un dossier choisi ce qui est quand même, beaucoup plus pratique pour préparer l’editing  de ses fichiers.

Parmi les nouvelles fonctions lancées discrètement en mars, il y un filtre de double exposition, à savoir la possibilité de sélectionner deux photos et de les fusionner. L’utilisateur peut bien entendu modifier l’opacité de l’image produite pour faire ressortir une des deux images fusionnées. Je ne l’ai pas encore utilisé car pour ma série lèche vitrine, je bénéficie déjà de cette double image en une seule prise de vue puisqu’il s’agit de capter un reflet.

Un nouvel outil « Pos portrait » permet de manipuler avec le doigt la pose d’un visage sur un portrait pour modifier l’orientation de la tête ou la direction du regard. À noter que cela fonctionne uniquement avec une seule personne sur l’image. Le rendu est assez étonnant. Cette nouvelle fonctionnalité permet également de modifier la taille des pupilles, l’intensité du sourire, ainsi que la longueur focale apparente du portrait photo.

Enfin, parmi les dernières nouveautés l’outil « Développer » devenu « Perspective » qui permet d’augmenter la taille du cadre d’une photo et de le remplir avec du noir, blanc, ou alors du contenu généré à partir de l’image pour paraître presque natuel naturel. Il faut un peu bidouiller mais c’est pas mal !

L’app est disponible gratuitement  sous iOS et Android et n’intègre aucun achat supplémentaire !

 

Source : Androïd

Profitez des brouillards givrants pour faire de photo-graphie

Les premiers froids de l’hiver s’accompagnent parfois d’un brouillard givrant. C’est le moment de faire de belles images de paysages féeriques comme ce fut le cas à Fontainebleau il y a quelques jours (voir sur mon autre blog)

Mais le givre offre aussi aux photographes une occasion presque unique de mettre en valeur les plus fins tissages des araignées. Ce n’est que grâce au givre que le nombre de fils pendant sur les branches est réellement révélé…

Des photo-graphiques que l’on peut exploiter tant en couleur qu’en noir et blanc.

Si l’on ne possède pas d’objectifs adaptés à la macro-photographie, il faudra sans doute passer par des recadrages parfois sévères pour isoler les dessins de ces toiles givrées.

L’idéal est de trouver un arrière plan assez foncé pour mettre en valeur la toile par son contraste. Si en plus vous avez la chance d’avoir un rayon de soleil pour les faire briller…

Le plus difficile reste donc de prendre la mesure (en mode spot) sur les fils. Attention, avec un fort zoom, les vitesses peuvent être très basses et le risque de flou important (si en plus il y a du vent… !). L’idéal est donc d’avoir un pied (je n’avais pas) pour soigner la mise au point et la profondeur de champ…

Réussir ses photos d’automne et des vignes de Bourgogne

L’automne est une saison très appréciée par tous les photographes de paysages. Forcément, face à de telles couleurs, comment résister à prendre en photo ces tableaux naturels !? Profitant d’un séjour bourguignon, je suis allé traîner dans les vignes dont les couleurs vont actuellement du jaune vif au rouge vin. L’occasion pour moi de vous livrer quelques conseils pour réussir vos photos à ces heures dorées…

C’est au pied des impressionnantes falaises de Cormot, au-dessus du pittoresque petit village de Cormot-le-Grand, près de Nolay que les dernières vignes de l’appellation Hautes Cotes de Beaune s’étirent sur plus de 9 hectares. En quelques semaines, les dernières feuilles vont passer du vert au jaune, puis à l’orange, rouge, violet…

Vignes et falaises de Cormot, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Vignes et falaises de Cormot, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Mais au faite, pourquoi les feuilles changent-elles de couleur ?

C’est à cause de la chlorophylle et de la carotène ! En effet, du printemps à la fin de l’été, l’énergie de nos plantes vient de la production en grande quantité de chlorophylle qui donne cette couleur verte aux feuilles. À l’automne, en raison de la diminution de la durée du jour et de la chute des températures, les feuilles arrêtent leur processus de fabrication. La chlorophylle se décompose petit à petit et la couleur verte disparaît. Apparaissent alors les couleurs jaunes et oranges des pigments de carotène (ceux-là même qui colorent les carottes) contenus dans les feuilles. Dans les vignes, d’autres modifications chimiques  forment des couleurs supplémentaires grâce à l’élaboration de pigments d’anthocyanine rouge.

Feuille de vigne, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Feuille de vigne, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

 

Comment mettre en valeur ces paysages automnaux ?

A l’automne, les couleurs se réchauffent doucement. La lumière baisse et pénètre même au cœur des forêts d’habitude plus opaques.  Je pars du principe que vous maîtrisez déjà les techniques de bases de la photographie de paysage que j’avais abordé notamment ici et . On ne parlera donc pas ici composition ou cadrage… Voici alors quelques conseilles pour réussir vos photos d’automne !

1° Connaître les lieux

Avoir fait un repérage préalable, peut-être lors de sorties photos cet été, est souvent un véritable atout ! Avec un peu d’expérience, on peut imaginer ce que va donner tel ou tel paysage en automne voir d’anticiper pour un hiver neigeux ! Outre les possibilités de cadrage, ce qui est intéressant c’est de voir où se lève et se couche le soleil en se rappelant qu’il sera plus bas en octobre.  Sans jouer les Vincent Munier, connaître les lieux est toujours un avantage en photo !

2° Choisir son heure

Certains disent qu’en automne on peut shooter quand on veut et même en pleine journée ! C’est pas faux mais le matin vous bénéficiez des brumes et brouillards qui diffusent admirablement une lumière parfois très chaude (jaune orange) ou très froide (presque bleue) qui donneront une atmosphère très particulière à vos images. A partir de novembre, profitez des premières gelées pour faire de la macro. En journée, par beau temps, faites claquer les couleurs de l’automne sur un fond de ciel bleu. Mais mon heure préférée est sans doute celle qui marque la toute fin d’après-midi, celle que les photographes appellent les Golden Hours ! Un pluriel parce qu’en fait, il y a aussi ce phénomène le matin…

Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Les avantages photographiques de ces deux moments de la journée sont nombreux : les ombres sont moins noires et très étendues, le ciel est  très coloré. Pour peu qu’il y ait des nuages, on obtient des paysages fantastiques sans la moindre retouche. Mais surtout, vos images suscitent immédiatement une forte émotion par leur côté chaleureux. Du coup, la sur exposition de certaines parties du ciel ou les phénomènes de flare peuvent être pleinement exploités.

Golden hour à Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Golden hour à Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

3° Jouer avec la météo

Les automnes se suivent mais ne se ressemblent pas. Une manière sympathique de dire que le temps est parfois instable et imprévisible : pluie, brouillard, givre doivent être exploités. Il faudra alors parfois sortir un pied photo car les vitesses de prise de vue vont être diminuées… Incompatible avec une pratique de randonnée…

4° Sortir un filtre polarisant

Je ne suis pas un adepte des filtres mais si vous avez un polarisant circulaire, il peut vite être utile et apporter une amélioration significative de vos images. Le polarisant approfondit la couleur bleue du ciel, sature les couleurs, réduit les reflets de l’eau et sur les feuilles et  permet d’éviter certaines sur-exposition ou de re-donner de la matière au ciel. Un avantage supplémentaire de l’utilisation d’un polarisant est qu’il traverse la brume dans l’atmosphère. Cette clarté accrue permet aux sujets de se détacher du ciel. Certains photographe utilisent aussi les filtres avec dégradés de gris pour compenser le trop fort éclairage d’une partie de l’image.

Découvrez mes nouveaux albums du Festival Pour un Autre Monde

Je sais nous ne sommes pas vendredi (jour de publication habituel sur ce site) mais je tenais à vous signaler la mise en ligne de deux nouveaux albums de photos faites lors du Festival PAM en mai dernier.

Je vous avais déjà proposé celui des Macadam Zarba, voici sur Flickr celui des Foxapet, un groupe super Funk qui nous a plongé avec force dans les années 80-90. Un grand merci aux organisateurs du PAM pour les accès Backstage !

Les Foxapet, PAM 2016, (C) Greg Clouzeau

Les Foxapet, PAM 2016, (C) Greg Clouzeau

Du coup, j’en ai aussi profité pour vous sélectionner quelques photos de l’ambiance du Festival PAM.

Au programme :
  • des photographies de streetart parfois décalées,
  • des photographies de « frénésie capillaire »,
  • des photographies très « Cocos »
  • Des photographies très « Teuf »
Le dément  songe, PAM 2016, (C) Greg Clouzeau

Le dément songe, PAM 2016, (C) Greg Clouzeau

Bref, un grand merci à tous et toutes.

Comment réussir ses photos de rue ?

La « photographie de rue » est un thème traité chaque jour par des millions de personnes et cela fait des décennies que ça dure. Mais est-ce si simple de marcher dans les pas des maîtres du genre ?Qu’elles sont les clés pour réussir une bonne photo de street ? Peut-on réellement faire de très belles photos de rue avec un simple smartphone ? Voici quelques conseils et réflexions pour progresser sur ce thème.

C’est quoi une photo de rue, si ce n’est une photo, comme dirait Lapalisse, prise dans la rue ? Peuvent-elles être artistiques ? Peut-on encore améliorer une photo prise sur le vif avec un smartphone ? Il y a une multitude de thématiques possibles dans la photo de rue et j’en explore plusieurs tout au long de l’année dans mon challenge consistant à réaliser une photo par jour lors de mes trajets professionnels. Cette série dite Métro Boulot Dodo, diffusée sur ma page Facebook et réalisée principalement avec des smartphones, revêt plusieurs aspects de la photo de rue et certains sont sans aucun doute, plus accessibles que d’autres. Depuis que je me suis attaqué à ce sujet, j’ai appris à regarder mon environnement différemment et à mon goût, pas mal progressé. Je vais donc vous livrer ici quelques idées pour avancer plus vite que moi !

Je dirais que l’un des tout premiers critères de succès est l’intemporalité de certaines images. La preuve les photos de Doisneau ou Cartier-Bresson restent des références dans ce domaine. Et pourtant ces images immortalisent un moment de vie fugace, presque volé à ses sujets. Deuxième critère d’une bonne photo de rue, sa force. Il y a tellement d’images de ce style qui circulent et notamment depuis la révolution du numérique (internet, APN puis smartphone…) que pour qu’une photo marque durablement les esprits, elle doit avoir caractère exceptionnel et provoquer une émotion forte.

Mais c’est quoi la photo de rue ?

La photographie de rue (« Street Photography » en anglais) est donc une branche de la photographie dont le sujet principal devrait être une présence humaine, directe ou indirecte, dans des situations spontanées et dans des lieux publics comme la rue, les parcs, les magasins, les terrasses de cafés, les transports en commun, etc. Elles est pratiqué depuis les débuts de la photo et a ses maîtres. L’année 2014 a redonné un peu de popularité  à cette branche de la photo au travers de diverses expositions et  notamment la monumentale rétrospective de l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson qui attira 425 000 visiteurs. Elle fut suivie d’une autre grande exposition à l’Hôtel de Ville de Paris intitulée « Paris Magnum ». On ne présente plus la contribution à la photographie de rue qu’ont apporté et apportent encore les photographes de cette agence devenue légendaire. En fin, la plus spectaculaire fut sans doute l’exposition de photographies puissantes dans de Garry Winogrand nombreuses stations de métro et dans les couloirs.

Le baiser, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Le baiser, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

La photographie de rue ne s’enseigne pas dans les écoles de photo et fait rarement vivre son auteur. D’ailleurs, le photographe  qui la pratique n’aura pas de statut juridique ou fiscal. Elle est souvent le fruit d’une quette, voir d’une chasse furtive, qui lui donne un côté peut être mal vue . La rue est un territoire où l’on ne prête guère attention à son image et où le photographe prédateur est en éveil, prêt à s’en emparer. Pour moi, la photo de rue est presque toujours volée, comme le reconnaissait volontiers Henri Cartier-Bresson lorsqu’il disait : « Nous sommes des pickpockets ». Partant de là, il peut y avoir pour le photographe un risque juridique dès lors qu’il ne fait de l’information… Heureusement, aux yeux de la justice, la photographie dans la rue est libre, à condition de respecter certaines règles et qu’elle reste d’usage privée. Le photographe de rue a le droit de voir, il n’a pas le droit de montrer ! Bref, on joue au Pas vu pas pris !

Il faudra donc aborder la pénible et complexe question du droit à l’image ! Aujourd’hui, c’est devenu une véritable menace pour les photographes de rue et il faudra bientôt se promener  avec le code civil dans une poche et le code pénal dans l’autre, sans compter la jurisprudence !

Deux approches différentes de la street photo à adapter selon vos envies !

En effet, on peut distinguer la photo de rue spontanée et la photo travaillée mais dans les deux cas il vous faudra un bon coup d’œil. Cadrage et vitesse seront donc deux des composantes décisives à maîtriser afin de réussir vos images des moments décisifs ou percutants.

Passage zébré, Paris, (c) 2016 Greg Clouzeau

Passage zébré, Paris, (c) 2016 Greg Clouzeau

La photographie de rue prise à la sauvette a rarement ce côté glamour et léché d’une photo de mode faite en studio… Il faut composer avec l’instantanéité que l’on ne pourra reproduire, la lumière du site. Il faut aussi se faire le plus discret possible pour ne pas se faire repérer par sa cible pour ne rien modifier dans la scène que l’on souhaite immortaliser. Mais il est aussi tout à fait possible d’avoir une autre approche qui consisterait au contraire à interpeller l’autre, provoquer une situation en captant l’attention du sujet.

Car il existe assurément une photographie de rue plus conceptuelle, plus artistique, que la photographie de rue quasi documentaire et sociale chère à Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau (quoi qu’ils aient eux aussi franchi les limites), Willy Ronis et tant d’autres.

En effet, Robert Doisneau  était capable de demander à des passants de « rejouer » une scène à laquelle il avait assisté pour obtenir le cliché recherché. L’anecdote la plus connue reste celle de la photo « Le baiser de l’hôtel de ville » commandée par le magazine Life en 1950. Pour contourner le problème du droit à l’image qui devient à cette époque de plus en plus présent à l’esprit des gens, il engage un ami comédien et lui demande de poser avec sa petite amie. Ceci dit Doisneau était aussi un photojournaliste de l’agence Rapho, et capturait ce qui se passait devant son objectif.

Dans le registre artistique, on trouve des photographes comme Oan Kim de l’agence parisienne MYOP qui « explore dans ses photos les limites coulissantes de la réalité documentée et de la subjectivité qui en rend compte. » Les images sont de très belles, très fortes mais aussi très léchées, presque sophistiquées et donc assez éloignées de notre culture de la photo de rue.

Les vitrines un bon sujet de photos artistiques prises dans la rue.

Celles et ceux d’entre vous qui me font l’honneur de suivre ma série MBD connaissent quelques uns de mes thèmes de prédilection dans le domaine : les quais de gare, les balisages de signalisation, les affiches, et bien entendu les vitrines. Ces dernières se situent justement dans cette démarche plus artistique de la photo de rue.

Parmi les nombreux photographes avec lesquels je suis en relation, il y a un maître du genre : Philippe Duruisseau. Il explore depuis longtemps le sujet et propose plusieurs séries de clichés jouant sur les reflets dans les vitrines des magasins d’Orléans. Pour ma part, les photos illustrant cet article ont été faites devant les vitrines du Printemps Haussmann à Paris. Elles combinent les reflets avec les affiches (réalisées par Pin Up Studio) des fonds des vitrines.

A pleine bouche, Paris, (C) 2016, Greg Clouzeau

A pleine bouche, Paris, (C) 2016, Greg Clouzeau

Notion de droit d’auteur.

Sur les réseaux sociaux, les photos d’affiches faiblement renforcée d’une présence humaine sont assez courantes. Curieusement, il semble qu’aucun affichiste n’ait revendiqué un droit quant à la réutilisation plus ou moins insistante de son œuvre. Selon Joëlle Verbrugge, avocate spécialisée dans la photographie et elle-même photographe, la photographie serait sans doute considérée comme une œuvre composite par les tribunaux en cas de litige, l’affichiste et le photographe s’en partageant alors la paternité.  Pour que l’ouvre soit considérée comme telle et donc originale, il faudra user de d’un peu plus de créativité que le passage inopiné d’un piéton ! Quelle que soit la photo que je prendrais, l’insolite de la situation ne serait pas dû au photographe  mais à celui du concepteur de l’affichage et à un concours de circonstance. Il va donc falloir travailler le cadrage et le rendu de l’image, bref retoucher, pour donner de la force et de l’originalité.

Pour cela, il existe de nombreuses astuces facile à mettre en application dès votre prochaine sortie photo dans les rues de votre ville. Voici donc quelques conseils pour vous permettre d’obtenir de belles photos de rue.

Mordante ! Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Mordante ! Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Quel matériel utiliser pour la photographie de rue ?

La photographie de rue a pour but de saisir un instant unique dans la vie de tous les jours. Plus votre appareil photo est compact, moins vous serez remarqué. Du coup, les appareils hybrides peuvent être une bonne solution pour qui vise la qualité reflex sans s’afficher. Personne ne porte attention à un touriste qui fait quelques photos. Tout le monde se retourne si un photographe pro sort son encombrant matos en pleine rue et commence à shooter. Avec les progrès des appareils photos embarqués sur nos téléphones, on peut maintenant se contenter d’eux pour des clichés tirés sur de petits formats. C’est mon cas ou celui de Lucie Page dont je vous avez parlé il y a quelques temps et qui, elle aussi, shootait quotidiennement ses trajets en train.

La photographie de rue doit normalement saisir l’instant. C’est la limite des smartphones qui, hélas, ne sont pas toujours d’une très grande réactivité, surtout s’il faut le déverrouiller avant de lancer l’appli ! Avec un APN, privilégiez les modes semi-auto (Priorité ouverture, Priorité vitesse). pour n’avoir qu’un minimum de réglage à effectuer avant de déclencher. Pour être sûr d’obtenir une photo de l’instant décisif, utilisez le mode rafale de votre appareil pour augmentez vos chances d’obtenir la photo parfaite. Effacez ensuite les photos que vous ne retenez pas.

Vous allez donc devoir faire confiance à votre matériel, et vous verrez qu’il ne se débrouille pas trop mal ! Voici comment je règlerai mon appareil pour de la photo de rue :

  • ISO auto (avec une limite pour éviter de monter trop haut, à fixer selon votre appareil)
  • Mesure de l’exposition sur l’ensemble de la scène (ou spot si je veux gérer les hautes lumières)
  • Mode priorité à l’ouverture (que je fixe suivant la profondeur de champ souhaitée)
  • Mode silencieux et flash désactivé pour rester discret y compris sur smartphone !

Une fois les images captées, reste à leur donner un peu d’originalité et de force.

Attendre en souriant, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Attendre en souriant, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Comment renforcer la composition d’une photographie de rue ?

La photographie de rue nécessite une composition parfaitement soignée. Pour cela, gardez à l’esprit les règles de bases : appliquez la règle des tiers, évitez de centrer le sujet, soyez attentifs aux détails, et cherchez des angles originaux. Vous pouvez par exemple vous rapprocher du sol et inclure une partie de la chaussée ou des vieux pavés dans votre cadre. Les grands angles des smartphones et leur absence de profondeur de champs deviennent là un véritable atout !

C’est là aussi que nous allons faire intervenir notre créativité en postproduction. Pour ma part, je considère que ces photos ont plus de force en noir et blanc. Donc première opération, bascule en monochrome. Ensuite, je renforce les lignes de structure, force un peu la netteté et accentue certains contrastes. Notez bien que toutes les photos de cette série sont faites au smartphone, retouché en quelques clics avec les applis type Snapseed ou Photo Director dont je vous ai parlé.

Ensuite, vient le moment de donner plus de force par un recadrage. Attention, ces photos ne sont pas très grandes du fait de la taille du capteur et trop rogner peut être synonyme de perte de qualité. Pour certaine d’entre elles, je suis passé à un format plus classique de 4/3.

Photo originale avant recadrage et travaille du noir et blanc. (C) Greg Clouzeau

Une photo avant recadrage et travaille du noir et blanc. (C) Greg Clouzeau

 

 

Je garde rarement la couleur mais je trouvais intéressant le vert de l’arbre et celui les cils produit par un reflet

Yeux nature, Paris, (C) Greg Clouzeau

Yeux nature, Paris, (C) Greg Clouzeau

J’espère que ces quelques conseils vous aideront. N’hésitez pas à partager vos astuces perso dans les commentaires. Vous cherchez encore l’inspiration ? Allez voir les travaux d’Alex Webb , Bruce Gilden ou Trent Park Finalement c’est assez simple, car il suffit de sortir de un appareil et d’oser prendre certaines photos.

 

 

Bouche de métro, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Bouche de métro, Paris, (C) 2016 Greg Clouzeau

Pour aller plus loin :

http://www.vide.memoire.free.fr

http://www.regardsparisiens.fr/

http://bernardjolivalt.blog.lemonde.fr/

Pour rire