Réussir ses photos d’automne et des vignes de Bourgogne

L’automne est une saison très appréciée par tous les photographes de paysages. Forcément, face à de telles couleurs, comment résister à prendre en photo ces tableaux naturels !? Profitant d’un séjour bourguignon, je suis allé traîner dans les vignes dont les couleurs vont actuellement du jaune vif au rouge vin. L’occasion pour moi de vous livrer quelques conseils pour réussir vos photos à ces heures dorées…

C’est au pied des impressionnantes falaises de Cormot, au-dessus du pittoresque petit village de Cormot-le-Grand, près de Nolay que les dernières vignes de l’appellation Hautes Cotes de Beaune s’étirent sur plus de 9 hectares. En quelques semaines, les dernières feuilles vont passer du vert au jaune, puis à l’orange, rouge, violet…

Vignes et falaises de Cormot, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Vignes et falaises de Cormot, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Mais au faite, pourquoi les feuilles changent-elles de couleur ?

C’est à cause de la chlorophylle et de la carotène ! En effet, du printemps à la fin de l’été, l’énergie de nos plantes vient de la production en grande quantité de chlorophylle qui donne cette couleur verte aux feuilles. À l’automne, en raison de la diminution de la durée du jour et de la chute des températures, les feuilles arrêtent leur processus de fabrication. La chlorophylle se décompose petit à petit et la couleur verte disparaît. Apparaissent alors les couleurs jaunes et oranges des pigments de carotène (ceux-là même qui colorent les carottes) contenus dans les feuilles. Dans les vignes, d’autres modifications chimiques  forment des couleurs supplémentaires grâce à l’élaboration de pigments d’anthocyanine rouge.

Feuille de vigne, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

Feuille de vigne, Bourgogne, (C) Greg Clouzeau

 

Comment mettre en valeur ces paysages automnaux ?

A l’automne, les couleurs se réchauffent doucement. La lumière baisse et pénètre même au cœur des forêts d’habitude plus opaques.  Je pars du principe que vous maîtrisez déjà les techniques de bases de la photographie de paysage que j’avais abordé notamment ici et . On ne parlera donc pas ici composition ou cadrage… Voici alors quelques conseilles pour réussir vos photos d’automne !

1° Connaître les lieux

Avoir fait un repérage préalable, peut-être lors de sorties photos cet été, est souvent un véritable atout ! Avec un peu d’expérience, on peut imaginer ce que va donner tel ou tel paysage en automne voir d’anticiper pour un hiver neigeux ! Outre les possibilités de cadrage, ce qui est intéressant c’est de voir où se lève et se couche le soleil en se rappelant qu’il sera plus bas en octobre.  Sans jouer les Vincent Munier, connaître les lieux est toujours un avantage en photo !

2° Choisir son heure

Certains disent qu’en automne on peut shooter quand on veut et même en pleine journée ! C’est pas faux mais le matin vous bénéficiez des brumes et brouillards qui diffusent admirablement une lumière parfois très chaude (jaune orange) ou très froide (presque bleue) qui donneront une atmosphère très particulière à vos images. A partir de novembre, profitez des premières gelées pour faire de la macro. En journée, par beau temps, faites claquer les couleurs de l’automne sur un fond de ciel bleu. Mais mon heure préférée est sans doute celle qui marque la toute fin d’après-midi, celle que les photographes appellent les Golden Hours ! Un pluriel parce qu’en fait, il y a aussi ce phénomène le matin…

Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Les avantages photographiques de ces deux moments de la journée sont nombreux : les ombres sont moins noires et très étendues, le ciel est  très coloré. Pour peu qu’il y ait des nuages, on obtient des paysages fantastiques sans la moindre retouche. Mais surtout, vos images suscitent immédiatement une forte émotion par leur côté chaleureux. Du coup, la sur exposition de certaines parties du ciel ou les phénomènes de flare peuvent être pleinement exploités.

Golden hour à Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

Golden hour à Cormot, Bourgogne, (C) 2016 Greg Clouzeau

3° Jouer avec la météo

Les automnes se suivent mais ne se ressemblent pas. Une manière sympathique de dire que le temps est parfois instable et imprévisible : pluie, brouillard, givre doivent être exploités. Il faudra alors parfois sortir un pied photo car les vitesses de prise de vue vont être diminuées… Incompatible avec une pratique de randonnée…

4° Sortir un filtre polarisant

Je ne suis pas un adepte des filtres mais si vous avez un polarisant circulaire, il peut vite être utile et apporter une amélioration significative de vos images. Le polarisant approfondit la couleur bleue du ciel, sature les couleurs, réduit les reflets de l’eau et sur les feuilles et  permet d’éviter certaines sur-exposition ou de re-donner de la matière au ciel. Un avantage supplémentaire de l’utilisation d’un polarisant est qu’il traverse la brume dans l’atmosphère. Cette clarté accrue permet aux sujets de se détacher du ciel. Certains photographe utilisent aussi les filtres avec dégradés de gris pour compenser le trop fort éclairage d’une partie de l’image.

7 astuces pour faire de belles photos en rando pendant vos vacances ?

L'ubayette vers le col de Larche, (C) 2014 Greg Clouzeau

Pour certains d’entre nous, les vacances approchent à grands pas. Et à grands pas, c’est justement le rythme de vos randonnées cet été. Mais comment ramener de belles images de vos excursions en montagne tout en maintenant le rythme ? Quel matériel emporter dans votre sac à dos pour faire des images qui en mettent plein la vue et que vous serez fier de montrer à votre retour à vos amis ou sur les réseaux sociaux sans avoir peur des critiques, de toutes manières infondées ? S’il est difficile de concilier efficacement photographie et marche sportive, il existe malgré tout, quelques trucs simples pour faire de très belles images dépassant le cadre de la photo souvenir lors de vos randonnées, treks et autres voyages.

La toile et les réseaux sociaux regorgent de photos de paysages de montagne, de portraits de voyage ou de la fore et de la faune absolument exceptionnelles. Mais sont elles prises lors de randonnées classiques ? Pour la plupart, la réponse est non ! En effet, les professionnels de la photographie qui réalisent des images  hors du commun y consacrent beaucoup de temps ! Du temps pour faire des repérages, puis du temps pour patienter avant d’y retourner avec les bonnes conditions de lumière et du temps pour faire l’image (composition, réglage, retouches etc…). Difficile donc de faire de même pendant vos 15 jours de vacances en famille dans les Ecrins à moins d’avoir une épouse et des enfants très compréhensifs (là, je sais de quoi je parle…) !

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Apiacées ou Ombellifères, des bonnes et des mauvaises

La berce commune, Heracleum sphondylium, (C) Greg Clouzeau

La berce commune, Heracleum sphondylium, (C) Greg Clouzeau

Les Apiacées ou les Ombellifères appartiennent au genre Heracleum qui compte une soixantaine d’espèces largement répandues dans l’hémisphère nord et les montagnes tropicales et dont huit sont présentes en Europe. Très communes ces grands plateaux de fleurs blanches attirent de nombreux insectes. Mais soyez prudents et apprenez à différencier les espèces car si certaines sont comestibles comme la carotte sauvage ou le céleri, d’autres sont au contraire, ultra toxiques comme la Cigüe ou la Berce du Caucase qui  provoquent des brûlures au soleil.

La berce commune (Heracleum sphondylium) avec ses sous-espèces alpinum, pyrenaicum ou sibiricum ne présente elle pas de danger. C’est une plante bisannuelle ou vivace, grande (jusqu’à 2,50 m) à feuilles pennées, les segments dentés, et des feuilles supérieures à base très élargie. Les fleurs sont blanches en grandes ombelles, avec les fleurs extérieures présentant des pétales très inégaux. On la rencontre dans les bois clairs, les prés rocailleux jusqu’à 1 700 m. Suivant l’altitude la floraison a lieu d’avril à septembre. Elle n’a d’intérêt que pour les insectes et ses graines parfois utilisées en bouquets séchés.

D’ailleurs, les graines sont aussi un bon critère de différenciation des différentes espèces d’ombellifères.

La berce du Caucase est une espèce voisine mais qui peut atteindre 5 m de haut, aux tiges tachées de rouge originaire comme son nom l’indique d’Asie, introduite dans les jardins et qui s’est naturalisée en Europe. On la rencontre dans les prés, les terrains vagues, sur les talus des routes, et le long des bords des ruisseaux. Malgré ses qualités mellifères la berce du Caucase est considérée comme une plante envahissante et indésirable.

Téléphores sur Berce commune (C) Greg Clouzeau

Téléphores sur Berce commune (C) Greg Clouzeau

Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium) (C) Greg Clouzeau

Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium) (C) Greg Clouzeau

La berce du Caucase est une plante toxique, en combinaison avec l’exposition au soleil et peut provoquer des brûlures douloureuses et des cloques, laissant parfois des cicatrices permanentes. La sève de la berce du Caucase est un liquide aqueux fluide, incolore et indolore au moment du contact. Les personnes les plus exposées sont les jardiniers et les enfants tentés d’utiliser les grandes tiges creuses comme sarbacane.
  La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë (Conium maculatum L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées. Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens. Pour ne pas se tromper, retenez que les ciguës sont glabres, c’est à dire que les tiges sont lisses et sans poil (alors que la carotte sauvage est, elle, couverte de poils raides. La petite ciguë pousse dans les lieux cultivés et dans les bois, et la ciguë vireuse pousse dans les lieux humides, voire franchement les pieds dans l’eau.  

En cas de doute ou pour une identification rapide de plantes communes, rendez visite à ce site de  P. GOUJON.

Au ras des pâquerettes

Parmi les nombreuses fleurs qui sont sorties avec le Printemps, la  pâquerette vivace (Bellis perennis) de la famille des Astéracées, est sans doute la plus universelle connue. Et pourtant, elles ont deux particularités méconnues…

Pâquerettes vivaces (Bellis perennis), Astéracées, France, (C) 2014 Greg Clouzeau

Pâquerettes vivaces (Bellis perennis), Astéracées, France, (C) 2014 Greg Clouzeau

1° Ses fleurs naissent sur des inflorescences appelées capitules. Celles du pourtour, qui ont l’aspect de pétales, sont appelées fleurs ligulées, parce qu’elles ont la forme d’une languette, ou demi-fleurons. Ce sont des fleurs femelles ; leur couleur varie du blanc au rose plus ou moins prononcé. Celles du centre, jaunes, appelées fleurs tubuleuses, parce que leur corolle forme un tube, ou fleurons, sont hermaphrodites. Ainsi, ce qu’on considère ordinairement comme une fleur de pâquerette n’est pas, du point de vue botanique, une fleur unique mais un capitule portant de très nombreuses fleurs.

2° Elles ont la particularité, comme certaines autres  plantes herbacées, de se fermer la nuit et de s’ouvrir le matin pour s’épanouir au soleil ; elles peuvent aussi se fermer pendant les averses, voire un peu avant, ce qui permettrait dans les campagnes de prédire la pluie légèrement à l’avance.

Pâquerettes vivaces (Bellis perennis), Astéracées, France, (C) 2014 Greg Clouzeau

Pâquerettes vivaces (Bellis perennis), Astéracées, France, (C) 2014 Greg Clouzeau

 

Printemps, le choix dans la date

C’est le Printemps ! Enfin, il paraît…

Si on dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, la date non plus !

Durant une grande partie du XXe siècle, le printemps débutait le 21 mars. Mais voilà, depuis quelques années, il faut s’habituer à la date du 20 mars. « Habituer », c’est le mot car cette date  marquera l’arrivée de la saison jusqu’en 2044. Pour revoir les beaux jours au 21 mars, il faudra attendre l’année 2 102 ! Entre temps, la belle saison sera célébrée le 19 mars, ce qui n’est pas arrivé depuis 1796… paraît que c’est une histoire d’équinoxe.

L’équinoxe correspond à la date à laquelle le jour et la nuit ont exactement la même durée et donc que le soleil se trouve exactement à la verticale de l’équateur. Ce moment se produit deux fois par an autour du 22 septembre, pour le début de l’automne, et vers le 21 mars, pour le printemps.

En attendant, les jonquilles, les vraies, sont déjà sorties…

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La jonquille véritable (Narcissus jonquilla) est souvent confondu avec le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), appellation erronée qui s’est répandue grâce à l’essor du tourisme et du journalisme au XIXe est peu appropriée. Dans le Pays de Fontainebleau, c’est dans le village de Recloses que l’on fête la jonquille à la fin Mars.

Ne me racontez pas de salade

Mosaïque des Cultures, Chailly en Bière, Ile-de-France, (C) 2012 Greg Clouzeau

Mosaïque des Cultures, Chailly en Bière, Ile-de-France, (C) 2012 Greg Clouzeau

Survoler les lisières de la forêt de Fontainebleau, c’est prendre conscience de l’importance des cultures dans le Pays du Gâtinais Français. La formidable mosaïque constituée par nos agriculteurs est parfois ponctuées de lignes à poids : les salades ! En effet, les paysages de la Plaine de Bière sont constitués de nombreux champs céréaliers mais aussi de cultures maraîchères.

Ainsi, autour d’Arbonne-la-Forêt, Barbizon, Cély-en-Bière, Chailly-en-Bière, Fleury-en-Bière, Perthes-en-Gâtinais, Pringy, Saint-Martin-en-Bière, Saint-Sauveur-sur-École, Villiers-en-Bière, vous découvrirez nos salades dont Chailly-en-Bière est la principale commune productrice de l’Ile de France !

Si aujourd’hui le peintre Jean-François Millet posait son chevalet dans nos champs, nul doute qu’il représentait des maraîchers de la Plaine de Chailly. Il convient d’ailleurs de souligner, au regard du tableau « les Glaneuses » que depuis la mécanisation de l’agriculture, seul le maraîchage offre les même images de travailleurs courbés dans les champs.

Le Baron Georges Haussmann, Préfet de Paris (1853-1870), est chargé de diriger les grands travaux qui embelliront Paris. Les maraîchers quitte alors la capitale et s’installent alors dans les villages proches de Bobigny, Montesson, Charenton, Vincennes, Pantin… Jusqu’à la guerre de 14/18, les activités maraîchères y restèrent concentrées. Puis, au fur et à mesure de l’urbanisation de la banlieue, les maraîchers on été contraints de s’expatrier et de s’implanter de plus en plus loin du centre de Paris.

Culture de salades, Chailly en Bière, Ile-de-France, (C) 2012 Greg Clouzeau

Culture de salades, Chailly en Bière, Ile-de-France, (C) 2012 Greg Clouzeau

 

C’est comme ça que Chailly-en-Bière, jadis commune exclusivement agricole, est devenue, l’une des premières communes maraîchères de France. Les salades et les herbes produites à Chailly, sont exportées pour une partie vers l’Union Européenne (le marché anglais est le plus important,  60 % des salades rouges traversent la Manche) et pour une autre partie vers le Moyen-Orient (Koweït et Arabie Saoudite) et également en Afrique.

Cultures maraîchères et fleurs, Chailly-en-Bière, (C) 2012 Greg Clouzeau

Cultures maraîchères et fleurs, Chailly-en-Bière, (C) 2012 Greg Clouzeau

 

Sur les milliers de petits maraîchers installés en petite banlieue qui livraient leurs produits aux halles, il ne reste guère plus d’une centaine d’entre eux. A Chailly, on compte 8 maraîchers originaires de la Seine et de la Seine-et-Oise arrivés dans le village au début des années 70.

Pourquoi Chailly ?

La terre, légère et sableuse est particulièrement propice à cette culture. Par ailleurs, la nappe phréatique étant affleurante, l’arrosage peut être limité.  Les maraîchers pratiquent la culture « raisonnée » qui consiste essentiellement à apporter aux plantes les éléments nécessaires, tout excès étant préjudiciables à leur croissance. Ils exploitent environ 850 hectares sur lesquels ils pratiquent l’assolement (alternance légumes/blé). En dépit d’une mécanisation en constante évolution, les maraîchers emploient 150 personnes. Chaque année, on plante à Chailly de 70 à 80 millions de salades mais les caprices du du ciel et les aléas économique ne permettent pas la vente de la totalité plantée.

 

 

 

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