Profitez des brouillards givrants pour faire de photo-graphie

Les premiers froids de l’hiver s’accompagnent parfois d’un brouillard givrant. C’est le moment de faire de belles images de paysages féeriques comme ce fut le cas à Fontainebleau il y a quelques jours (voir sur mon autre blog)

Mais le givre offre aussi aux photographes une occasion presque unique de mettre en valeur les plus fins tissages des araignées. Ce n’est que grâce au givre que le nombre de fils pendant sur les branches est réellement révélé…

Des photo-graphiques que l’on peut exploiter tant en couleur qu’en noir et blanc.

Si l’on ne possède pas d’objectifs adaptés à la macro-photographie, il faudra sans doute passer par des recadrages parfois sévères pour isoler les dessins de ces toiles givrées.

L’idéal est de trouver un arrière plan assez foncé pour mettre en valeur la toile par son contraste. Si en plus vous avez la chance d’avoir un rayon de soleil pour les faire briller…

Le plus difficile reste donc de prendre la mesure (en mode spot) sur les fils. Attention, avec un fort zoom, les vitesses peuvent être très basses et le risque de flou important (si en plus il y a du vent… !). L’idéal est donc d’avoir un pied (je n’avais pas) pour soigner la mise au point et la profondeur de champ…

Coccinelle porte bonheur

 

Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), Fontainebleau, (C) 2015 Greg Clouzeau

Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), Fontainebleau, (C) 2015 Greg Clouzeau

L’amaryllis ou satire, un papillon commun

L‘Amaryllis (Pyronia tithonus) ou  Satyre tithon ou Titon est un lépidoptère (papillon) appartenant à la famille des Nymphalidae à la sous-famille des Satyrinae et au genre Pyronia. C’est un papillon très commun en France.

D’une taille moyenne, de couleur orange vif sur le dessus des ailes avec une épaisse bordure brun foncé. A l’apex des antérieures un ocelle doublement pupillé de blanc est facilement observable. Le dimorphisme sexuel est léger mais le mâle a une bande androcomiale, une épaisse tache oblique en travers de l’aile antérieureLe verso des antérieures est semblable, orange bordé de marron avec l’ocelle doublement pupillé caractéristique à l’apex. Les ailes postérieures sont beige à chamois avec une bande plus claire qui porte des petits ocelles pupillés de blanc peu visibles.

Pyronia tithonus, Amarylis, (C) 2014 Greg Clouzeau

Pyronia tithonus, Amarylis, (C) 2014 Greg Clouzeau

 

C’est quoi cet odonate ? Deux mots sur la classification.

Si mes sorties natures sont souvent l’occasion de photographier de petites bébêtes pour le plaisir des yeux, je n’aime pas rester sans savoir leur petit nom et franchement, dans le monde des insectes, c’est parfois complexe… J’utilise le tag  « insectes » au sens « populaire », mais même sans être puriste, je ne peux pas l’utiliser  pour présenter les papillons, araignées, et autres scarabées sans plus de précision.

Les arthropodes (du grec arthron, «articulation» et podos, «pied») constituent l’embranchement le plus important du règne animal. On en connaît environ 875 000 espèces que l’on trouve dans tous les milieux, aussi bien sur terre que dans les eaux douces ou salées. Cet embranchement comporte les insectes mais aussi les crustacés, les myriapodes et les araignées.  J’ai toutefois préféré faciliter les choses et présenter ces petites bêtes sous l’appellation un peu fourre-tout  « insectes » dans la catégorie « faune ».

La classe des insectes proprement dite comporte une trentaine d’ordres (plus ou moins selon la prise en compte de certaines subdivisions), répartis en deux sous-classes : aptérygotes et ptérygotes. Une théorie récente bouleverse pourtant complètement cette classification traditionnelle mais laissons cette querelle aux scientifiques dont je ne suis pas.

Donc, avant de vous livrer mes photos, il me faut chercher l’identification précise de la bestiole et franchement si c’est assez simple pour certaines (coléoptères, lépidoptères…) dont l’aspect visuel a peu de variantes, c’est, à mon goût, plus difficile avec les libellules. En langue française, le terme de libellule est en général employé au sens large pour désigner les odonates, qui regroupent deux sous-ordres : les demoiselles (Zygoptera) et les libellules stricto sensu (Anisoptera). Par ailleurs, c’est dans ce dernier que ce trouve la famille des Libellulidae et on compte plus de 1 000 espèces de libellules appartenant à cette grande famille !

Par exemple, à quelle espèce appartient cet odonate ?

Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d'or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

Sympetrum flaveolum, Sympétrum jaune d’or mâle, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

C’est un Sympétrum jaune d’or mâle (Sympetrum flaveolum) malgré l’appelation. Il se distingue des autres Sympetrum par la présence d’une large tache ailaire de couleur jaune paille à orange (aile postérieure). Le mâle est rouge/orange vif et la femelle est jaune. Mais on peut le confondre avec S. fonscolombii (même pour l’extension de la coloration alaire). Il faut donc étudier différents critères très précis pour certifier une espèce. Par exemple Sympetrum. fonscolombii n’a pas cette ligne noire continue sur le flanc de l’abdomen. Les nervures alaires sombres excluent la confusion avec un mâle atypique de S. fonscolombii dont certains ont beaucoup de jaune sur les ailes. Enfin, le rapport de largeur entre l’anneau antérieur et l’anneau postérieur (qui n’est pas le même dans toutes les espèces) correspond bien à S. flaveolum. Pris séparément, ce n’est pas un critère suffisant du fait de la variabilité individuelle, mais c’est un critère secondaire utilisable pour, combiné aux autres, dissiper les doutes dans les cas « limites », du moins pour cette espèce par rapport à S. fonscolombii dont l’anneau postérieur est proportionnellement plus large…

Et celui-là ? 

Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

Libellula quadrimaculata, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

C’est une libellule à quatre taches (mâle), Libellula quadrimaculata. Elle est ainsi nommée car elle possède une tache foncée sur chaque nodus (« quadrimaculata » signifie « quatre petites taches »). Mais dans le cas de ma photo, les tâches du milieu des ailes sont invisibles. Il faut donc regarder d’autres critères comme : les ailes postérieures qui possèdent toujours une tache brune à leur base, la couleur ambrée sur les quatre ailes vers l’avant… etc.

Pour ce couple de Zygoptères (c’est à dire les « demoiselles, relire plus haut) j’ai longtemps hésité entre Leste Dryas et Leste Sponsa.

Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

Lestes dryas, Ubaye, (C) 2014 Greg Clouzeau

Réponse des spécialistes d’insecte.org:

Lestes dryas car :
– les ptérostigmas sont courts et épais
– l’abdomen  de la femelle est massif
– la coloration du S2 de la femelle n’est visiblement pas en forme de 2 triangles mais plutôt d’un rectangle.
La zone sans pruine de la partie distale du S2 du mâle se vérifie ici, mais c’est un très mauvais critère puisqu’on le trouve aussi pour L. sponsa, même si la limite des 2 colorations peut faire la différence. La couleur des yeux est aussi vraiment différente de ceux des L. sponsa; un bleu plus foncé pour le mâle, plus foncé le brun aussi pour la femelle.
L’idéal est de pouvoir observer les appendices anaux du mâle et la longueur de l’ovipositeur de la femelle (quoique ce dernier point soit, pour moi, sujet à caution).

Bref, dans ce monde grouillant, rien n’est simple et c’est souvent de longues discussion avec des spécialistes, pas toujours « faciles » à comprendre !

 

Apiacées ou Ombellifères, des bonnes et des mauvaises

La berce commune, Heracleum sphondylium, (C) Greg Clouzeau

La berce commune, Heracleum sphondylium, (C) Greg Clouzeau

Les Apiacées ou les Ombellifères appartiennent au genre Heracleum qui compte une soixantaine d’espèces largement répandues dans l’hémisphère nord et les montagnes tropicales et dont huit sont présentes en Europe. Très communes ces grands plateaux de fleurs blanches attirent de nombreux insectes. Mais soyez prudents et apprenez à différencier les espèces car si certaines sont comestibles comme la carotte sauvage ou le céleri, d’autres sont au contraire, ultra toxiques comme la Cigüe ou la Berce du Caucase qui  provoquent des brûlures au soleil.

La berce commune (Heracleum sphondylium) avec ses sous-espèces alpinum, pyrenaicum ou sibiricum ne présente elle pas de danger. C’est une plante bisannuelle ou vivace, grande (jusqu’à 2,50 m) à feuilles pennées, les segments dentés, et des feuilles supérieures à base très élargie. Les fleurs sont blanches en grandes ombelles, avec les fleurs extérieures présentant des pétales très inégaux. On la rencontre dans les bois clairs, les prés rocailleux jusqu’à 1 700 m. Suivant l’altitude la floraison a lieu d’avril à septembre. Elle n’a d’intérêt que pour les insectes et ses graines parfois utilisées en bouquets séchés.

D’ailleurs, les graines sont aussi un bon critère de différenciation des différentes espèces d’ombellifères.

La berce du Caucase est une espèce voisine mais qui peut atteindre 5 m de haut, aux tiges tachées de rouge originaire comme son nom l’indique d’Asie, introduite dans les jardins et qui s’est naturalisée en Europe. On la rencontre dans les prés, les terrains vagues, sur les talus des routes, et le long des bords des ruisseaux. Malgré ses qualités mellifères la berce du Caucase est considérée comme une plante envahissante et indésirable.

Téléphores sur Berce commune (C) Greg Clouzeau

Téléphores sur Berce commune (C) Greg Clouzeau

Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium) (C) Greg Clouzeau

Coccinella septempunctata sur fruits de berce commune (Heracleum sphondylium) (C) Greg Clouzeau

La berce du Caucase est une plante toxique, en combinaison avec l’exposition au soleil et peut provoquer des brûlures douloureuses et des cloques, laissant parfois des cicatrices permanentes. La sève de la berce du Caucase est un liquide aqueux fluide, incolore et indolore au moment du contact. Les personnes les plus exposées sont les jardiniers et les enfants tentés d’utiliser les grandes tiges creuses comme sarbacane.
  La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë (Conium maculatum L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées. Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens. Pour ne pas se tromper, retenez que les ciguës sont glabres, c’est à dire que les tiges sont lisses et sans poil (alors que la carotte sauvage est, elle, couverte de poils raides. La petite ciguë pousse dans les lieux cultivés et dans les bois, et la ciguë vireuse pousse dans les lieux humides, voire franchement les pieds dans l’eau.  

En cas de doute ou pour une identification rapide de plantes communes, rendez visite à ce site de  P. GOUJON.

Danse avec les étoiles

Les toiles d’araignée sont de pures merveilles.

Si celles des épeires sont d’une remarquable symétrie, celle-ci, en forme de cloche inversée est beaucoup plus structurée qu’il n’y paraît… Elle offre un spectrale superbe au soleil !

Araignée sur sa toile, France, (C) 2015 Greg Clouzeau

Araignée sur sa toile, France, (C) 2015 Greg Clouzeau

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