Greg CLOUZEAU

Auteur et photographe indépendant depuis 1994

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Shooting à Orpierre, 1997, (C) Greg Clouzeau

Making of d’une photo il y a 20 ans à Orpierre

Beaucoup de travail en ce moment alors pas le temps d’écrire grand chose ou de vous proposer des images d’actualité. Ceci étant dit, étant actuellement plongé dans certaines vieilles boîtes d’archives et de diapositives, je suis tombé sur cette série argentique d’il y a 20 ans.

Petite histoire d’un shooting en compagnie de Didier Gérardin, Alain Hoffmann et notre guide, Nicolas Jeannin pour des photographies très atypiques d’Orpierre.

Shooting à Orpierre, 1997, (C) Greg Clouzeau

Shooting à Orpierre, 1997, (C) Greg Clouzeau

Orpierre, c’est ce superbe petit village  des Alpes du sud qui témoigne encore du passé  florissant de la Baronnie  des Princes d’Orange,  au travers des ruelles, drailles et passages couverts du village médiéval. C’est aussi, bien entendu, une destination internationale incontournable pour bon nombre de grimpeurs et grimpeuses en quête d’escalades « plaisirs » mais aussi très difficiles.

Ma première fois c’était en 1989.

L'ami Nicolas notre Guide et assistant ! Merci Nico. (C)1997 Greg Clouzeau

L’ami Nicolas notre Guide et assistant ! Merci Nico. (C)1997 Greg Clouzeau

Depuis, je ne manque jamais une occasion d’y retourner et retrouver mes amis.

En 1997, à la demande de Nicolas, pour renouveler la collection de cartes postales en vente dans le magasin, nous avons, Alain et moi, réalisé de nombreuses images. Parmi les cartes postales issues de ce travail, il y en a une signée Alain de Didier en pleine méditation sur un gros rocher orange. Elle vient de cette série…

C’est donc à l’entrée d’une ancienne mine (à gauche de la falaise du Puy) que nous sommes allez faire nos photographies profitant des ocres magnifiques du rocher. Attention, ce secteur est très dangereux et son accès est maintenant interdit.

Si aujourd’hui, certains utilisent un drone pour prendre de la hauteur, hier il nous fallait un escabeau ! C’est Nicolas qui joua le porteur. Ensuite, nous avons shooté, moi, pour avoir Didier et son ombre, Alain, perché sur son escabeau, pour avoir le village et le Quiquillon en arrière plan.

Nous avons joué avec la lumière 100% naturelle. Un réflecteur doré pouvait aussi s’avérer utile pour renvoyer cette lumière et déboucher des ombres mais là, je n’ai pas le souvenir d’en avoir utilisé. Parmi les nombreux conseils reçus d’Alain ce jour là, j’ai retenu celui du choix de la tenue vestimentaire du modèle. Ainsi Didier est monté avec plusieurs débardeurs, T-shirts et shorts et c’est une tenue en adéquation avec le rocher et le ciel qui fut choisi…

Didier, un grimpeur de bloc à Orpierre (C) 1997 Greg Clouzeau

Didier, un bleausard à Orpierre (C) 1997 Greg Clouzeau

 

Et là c'est moi ! Merci Allain Hoffmann.

Et là c’est moi ! Merci Alain Hoffmann.

 

Un gravillon drapé de nuage

Orpierre est l’un des spots d’escalade les plus importants d’Europe. C’est aussi un village charmant dont le coeur est digne d’un film de capes et d’épées, avec ses ruelles  étroits (drailles) et autres vestiges. Il est cerné d’une énorme falaise que domine le rocher du Quiquillon… On prétend que Gargantua l’aurait extrait de sa chaussure et jeté là !

 
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Je crois que c’est le moment de faire le point sur ce personnage. On sait aujourd’hui que Gargantua n’est pas une invention de Rabelais. Bien avant ses ouvrages, des livrets de colportage relataient déjà les aventures d’un célèbre géant. En 1532 est publiée une œuvre anonyme, les Grandes et inestimables croniques du grant et enorme geant Gargantua.  Ainsi, derrière le géant truculent et glouton, se cache un fond de légendes populaire dont certaines feraient référence à une très ancienne divinité pré-celtique. Parmi les activités pratiquées par Gargantua, il y en a une qui revient régulièrement : le jeu !

GARGANTUA a été repéré un peu partout sur le territoire français, que ce soit dans la toponymie ou dans les légendes locales, sous son nom propre, ou bien sous un de ses multiples prête-noms qui n’empêchent pas de le reconnaître à son allure et aux exploits qui lui sont attribués. La multitude de ces sites compose un gigantesque puzzle qu’il reste à déchiffrer. Les données ci-dessous proviennent pour la plupart  de Gargantua dans les traditions populaires, de P. Sébillot.

Dans les Hautes-Alpes (05), le menhir du Palet de Gargantua, serait le fameux Quiquillon d’Orpierre. Par ailleurs, non loin de là, à Tallard, Gargantua boit la Durance, puis  près de Manteyer, Gargantua pisse le torrent du Buëch et abandonne ses boules au bord.

Chez nous, en SEINE-ET-MARNE (77), on trouve dans la toponymie ou les légendes locales plusieurs références à Gargantua. Le père de Pantagruel serait ainsi à l’origine de la butte de Doue mais aussi de Frains (Villecerf) de Nanteuil,  en renversant sa hotte ou en jetant volontairement quelques cailloux. Ainsi, si une légende affirme que c’est en voulant boucher l’étang de Moret qu’il renversa malencontreusement le contenu de sa hotte, créant ainsi la butte de Frains à Villecerf, une autre  raconte qu’il forma la butte de Trin, entre Paley et Villemaréchal, après avoir creusé le Lunain.

Enfin, c’est afin d’anéantir les Bédoins de Gallimassue qui avaient assiégé Château-Landon que Gargantua se bat à coup de raves, puis envoie de grosses pierres qui vont former les grès de la forêt de Fontainebleau à Larchant !

Bref cette histoire de hotte qui se renverse, revient régulièrement. Ainsi, bon nombre de gros cailloux français auraient été perdu par le facétieux géant (ce sont soit des palets, soit des godiches).

 

Satellisés

Falaise du Puys, Orpierre, France (C) 2014 Greg Clouzeau

Falaise du Puys, Orpierre, France (C) 2014 Greg Clouzeau

On peut suivre les compétions d’escalade en « live » sur différentes chaines du web… Et bien voici des grimpeurs satellisés !