Souvenirs d’un très bel hiver en falaise

Face sud du Clapis dans les nuages, 1996, (C) Greg Clouzeau

Il y a bien longtemps,  c’est avec l’ami Alain Hoffmann et Didier Gérardin que je partais grimper sur les falaises du sud de la France alors que d’autres migraient vers les pistes de ski.

Au pied des Dentelles de Montmirail, après avoir traversés les vignes enneigées en face nord, guidé par l’infatigable Régis Leroy, nous passions la Brèche où rapidement le soleil réchauffait nos corps pour une escalade hivernale en short et T-shirt !

Voici quelques diapositives de 1996 scannées rapidement (pardon pour les poussières) que j’avais envie de partager avec vous.

Les Dentelles de Montmirail, situées dans le département français de Vaucluse, sont une chaîne de montagne qui marque la limite occidentale des monts de Vaucluse.
Altitude : 730 m, crête de Saint-Amand
Massif : Monts de Vaucluse (Alpes)
Roches : calcaire
Pays : France
Département : Vaucluse
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur
Les Dentelles c’est aussi la partie méridionale des Côtes du Rhône et les 5 crus qui y sont plantés : Gigondas, Vacqueyras, Beaumes de venise, (Rasteau et Chateauneuf du Pape plus loin) + côtes du rhône villages, les génériques et les côtes du ventoux.
Bref, autant vous dire que c’est (encore) une bonne région pour le vin…
C’est drôle comme les grimpeurs et leurs falaises de calcaire sont toujours des sites viticoles…
Tous les renseignements sur http://www.rocdentelles.com/

Photographe du vide

A la Cascade de Céüse avec Arnaud Ceintre

La photographie d’escalade en falaise ou de travaux acrobatiques n’est pas chose facile. Tout le monde ne peut pas se suspendre dans le vide à plusieurs dizaines de mètres du sol tout en assurant sa sécurité et de celle du grimpeur et en faisant de belles images ! C’est d’ailleurs un métier qui a ses spécialistes. Rappelons donc tout de suite que même les grimpeurs et photographes professionnels sont soumis aux lois universelles de la gravité comme nous l’a rappelé l’accident de  Mike Fuselier. Alors voici quelques rappels et astuces pour améliorer vos photographies d’escalade sur les falaises dès que les beaux jours vont revenir. Plusieurs des images qui illustre cet articles sont issues de mes premières séries en falaise dans le milieu des années 90. Elles sont scannées à partir des diapositives…

Quelques trucs et astuces rapides

La facilité incite le photographe amateur à photographier le grimpeur depuis le bas de la falaise. Malheureusement, les résultats sont souvent pas terribles. A moins de shooter une très belle sportive, les points de vue  genre gros plan sur les fesses sont bien peu intéressants. Mais… Il tout de même possible de faire de belles images au pied des voies.

stephane-au-depart-dun-6b-secteur-du-diedre-laurent_2675

Steph au départ de la facteur à Cormot (2016)

Ce peut être au départ de la voie, depuis une vire intermédiaire ou en des phases de préparation et repos. C’est aussi l’occasion de s’intéresser au cadre qui nous entoure, à la faune, la flore…

Didier Gérardin dans la falaise du Château à Orpierre

Didier Gérardin dans la falaise du Château à Orpierre

Il semble donc que l’emplacement idéal pour photographier un grimpeur se situe plus ou moins à sa hauteur ou  bien au-dessus de lui pour avoir une vue plongeante. Là, attention, il faut être capable de grimper, s’assurer, remonter sur la corde… en toute sécurité. On évitera aussi de se placer juste à la verticale du sujet tant pour l’image que pour la sécurité ! Pour certains shooting, le photographe va rester pendu des heures dans le vide et devra donc s’armer d’un baudrier très confortable, voir du sellette mais aussi de tout le matos nécessaire et bien entendu d’une bonne bouteille d’eau.

Faites attention à votre placement par rapport au soleil. L’ombre du photographe, c’est pas terrible sur l’image. Il en va de même de la corde statique…

On privilégie les images de grimpeur en tête plutôt qu’en moulinette.  Oui, la moulinette, ça fait pas très pro…

Enfin, méfiez-vous, certaines surface sont très réfléchissantes. C’est le cas par exemple des falaises de la Seine dont la craie blanche conduit à une sous exposition comme la neige qu’il faut compenser. Dans les  surplombs, le photographe  ne touche parfois plus  le rocher. Il lui faut savoir remonter et se déplacer sur une corde. Avec un peu de vent, il aura tendance… à tourner ! L’utilisation de pédales peut alors être un vrai plus. La daisy-chain pour se vacher à la bonne longueur est top…

Alain Hoffmann, les kilos vont en enfer, 7a, Orpierre

Alain Hoffmann, les kilos vont en enfer, 7a, Orpierre

Il peut être intéressant de travailler à deux cordées notamment dans les grandes voies. Une cordée photographie l’autre. Pour cela, le photographe prend la place de second et essaye de se mettre un peu au-dessus, en parallèle du leader de l’autre cordée… En revanche, il faut avoir le même niveau ou garder le rythme…

Un matos de pro

J’ai déjà consacré plusieurs articles au matériel de photographie d’escalade (notamment celui-ci). Aujourd’hui, les pros utilisent encore massivement des réflexes mais sont de plus en plus séduits par les hybrides type XT-2 de Fuji (que j’avais testé ici). En effet, comme il faut un boitier minimum (plus un, en cas de panne), des batteries pour tenir la journée et deux objectifs type  grand angle et zoom, réduire le poids est une bonne chose.

Il y a pas de mal de jeunes photographes qui tournent aussi des vidéos et utilise donc ces appareils à visée numérique dont les Alpha de Sony. Certains se contentent facilement de boîtiers type Canon EOS 80…

Les  très grands angles sont idéals pour essayer de rendre la hauteur (une couenne de 10 mètres peut même passer pour une grande voie du Verdon avec un 20 mm) et la grandeur des paysages. Les zooms permettent au contraire d’isoler un détail, de détacher le grimpeur, etc. Dans de nombreux cas, on peut s’en tirer avec 24-105 mm de base…

Attention aussi à chaque changement d’objectif. La poussière et la magnésie, les rayures mais aussi et surtout la chute peuvent facilement venir gâcher une très belle journée !Chaque manipulation est à assurer.Vérifier toujours deux fois que le sac de matos est bien accroché et qu’il est bien fermé et que vous, vous êtes correctement assurés.

Le regretté Thierry Nief dans un magnifique pilier à Orpierre.

Le regretté Thierry Nief dans un magnifique pilier à Orpierre.

Choisir son site et ses sujets !

C’est une évidence mais  pour faire de bonnes photos d’escalade, il faut déjà un beau site, une belle lumière (tard le soir, tôt le matin)… Faire des repérages, connaître les lieux est un vrai plus !!!

Ensuite, il faut des grimpeurs compréhensifs, patients (et si possible bien habillés). En effet, il faut parfois demander au grimpeur de refaire tel ou tel passage plusieurs fois pour avoir plusieurs angles différents et réussir à capter le geste où le regard. Certains grimpeurs apprécient moyennement la plaisanterie quand vous leur dites qu’ils faut qu’ils refassent le crux du 7c+ parce que vous étiez entrain de regarder ailleurs ou que vous aviez oublié de changer la carte mémoire presque pleine.

Cathy Kaminsky dans la même voie avec un autre point de vue, plus graphique

Cathy Kaminsky dans la même voie avec un autre point de vue, plus graphique

Voilà, pour commencer.

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires. J’y reviendrai !

%d blogueurs aiment cette page :