Retour sur un live en clair obscur des Spams au Doctor Beer à Melun

Les SPAMS Chez Doctor BEER à Melun

Bon, si vous suivez mes tribulations photographiques depuis déjà quelques temps, vous savez combien j’aime faire des images en concert et, qui plus est, surtout quand c’est de la bonne Zic ! Je vous ai déjà mainte fois parlé du groupe des SPAMS (il a même son tag dans mon blog !) que j’affectionne tout particulièrement.

Ils s’appellent Kris, Lolo, Nico, Tof  et Steve,  zicos et chanteur d’un groupe exceptionnel de reprises électriques aussi improbables qu’éclectiques et déjantées ! Ils sont tous barbus (ou presque) et génétiquement très proches… Ils étaient de concert à Melun sur la terrasse du Pub Doctor Beer, adresse incontournable tant pour la boisson que pour les concerts estivaux ! Hélas, le live fut très arrosé et donc écourté … mais par la pluie.  L’occasion pour moi de vous livrer un nouvel album photos souvenir et d’évoquer (rapidement) avec vous une technique photographique qui génère beaucoup d’idées reçues : le Low Key !

Tof des SPAMS au Doctor Beer de Melun. Alors d'après vous, Low Key ou pas ?

Tof des SPAMS au Doctor Beer de Melun. Alors d’après vous, Low Key ou pas ?

Ce style particulier qui s’oppose au  High Key (forcément en anglais Bas/Haut) est trop souvent décrit comme « un style d’éclairage dans lequel une seule partie de l’image est éclairée, le reste étant laissé dans l’ombre ». Du coup, nombre de photographes y compris professionnels affirment que le Low Key est un « clair obscur à prédominance sombre ». Oui mais…non. Car si le style clair obscur est un Low Key, tous les low Key ne sont pas des clairs obscurs ! C’est clair ? Oui…je m’en doutais.

Voici donc ce qui me semble être la meilleure définition d’une image Low Key : une image dont la tonalité prédominante se situe dans les valeurs sombres »  Donc un Low Key ne se définit pas par le type d’éclairage. Du coup, il n’est pas forcément sous exposé sur une grosse partie de l’image mais composé de couleurs très sombres et assez proches en valeur.

Si je vous parle de ça, c’est pour vous présenter quelques unes des images de Tof et Kris (merci les copains) réalisées hier soir dans ce style très particulier du clair obscur, idéal en concert notamment pour maquer l’arrière-plan, ou mettre en valeur une partie de l’image (visage, partie du corps, instrument…)

Pour voir la centaine d’images de ce Live des SPAMS à Melun chez Doctor Beer, c’est sur ma page Flick’R et rassurez-vous, elles ne sont pas toutes dans ce style. Il y a de la couleur (comme d’habitue, l’éclairage de la scène était très limite et vous aurez donc le droit aux bonshommes verts, bleus, violets…), du public, du backstage et de l’eau, beaucoup d’eau…

Et le site web des Spams est là !

Baiser rock mais Hamiltonien

Je ne compte plus le nombre de photographies de concert que j’ai faites de mes amis des Spams notamment au Black Stone à Barbizon. Du coup, ces derniers temps, je faisais l’impasse côté boitier. Et puis, il y a quelques jours, décidé à faire de nouvelles images du groupe, je teste un style hamiltonien sur un baiser volé de Tophe à Kris… Et forcément, ça colle !

Tophe et Kris des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Tophe vole un baiser Kris des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Alors, vous allez peut être (du moins  les jeunots) me demander ce que c’est que cette histoire. Ce style porte le nom de son inventeur dans les sixties : David Hamilton. Un style immédiatement reconnaissable. Les critiques parlent alors de « flou hamiltonien » ou de « lumière hamiltonienne » mélange de couleurs pastels, de halos lumineux vaporeux et de légers flous qui sont sa marque de fabrique tant en photographies que dans ses films. Un style intimement associé à l’érotisme (Son œuvre est essentiellement composée de photographies d’adolescentes, dans des positions lascives ou romantiques,  mais pas que… puisqu’il l’utilise pour ses natures mortes, portraits et même paysages).

Tophe et Kris des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Tophe et Kris des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Aujourd’hui, le style est totalement passé de mode et se voit soupçonné d’inclinations pédophiles du fait des faits divers qui ont entaché la fin de vie du photographe. Notez que David Hamilton (né à Londres le 15 avril 1933) est mort à Paris le 25 novembre 2016. Installé en France dès les années 1950, il faut attendre l’automne 2016, pour que plusieurs femmes l’accusent d’avoir abusé d’elles alors qu’elles étaient mineures. Retrouvé mort quelques jours après le début du scandale à son domicile, il s’est probablement suicidé.

Tophe des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Tophe des Spams, au Black Stone, janvier 2018

Question technique, si certains photographes investissent dans des filtres spéciaux ou des claques de post traitement de l’image, pour celles-ci, j’ai juste appliqué la technique du maître qui consiste tout simplement à souffler sur  la lentille de l’objectif puis en attendre que la buée s’estompe légèrement ! Bon, j’ai encore du boulot sur le sujet mais voilà un truc facile à faire et qui permettra de booster votre créativité en matière de photographie…

 

Plus de 1500 personnes au Festival des Affolantes ce week-end à Melun

La place Saint Jean à Melun transformée en Scène Rock pour les Affolantes 2017

Ce samedi 1er juillet, Melun inaugurait sa nouvelle Place Saint Jean avec le festival des Affolantes. Un concert géant et gratuit qui  a réuni plus de 1500 personnes,  contre vents et marées ! Après un vendredi pluvieux, une nuit humide, et un début de journée très arrosé, les organisateurs avaient de quoi s’affoler ! Fallait-il annuler ? Pouvait-on encore se rabattre sur la salle de l’Escale de l’autre côté de la place ? C’est un peu à la dernière minute que les nuages, sans doute effrayés par l’imposant dispositif de sécurité (Vigipirate oblige) et les invectives de Jérôme Becquet et Simon Pigot, dégagèrent le ciel au-dessus de la place.

Et là, plus le temps s’éclaircissait, plus la nouvelle place Saint Jean se noircissait… de monde.

Mes potes des MST (Musiciens sans talents dont je vous ai  déjà parlé ici) ouvraient la marche suivis par le groupe CKOIL’R de Jérôme Becquet, co-organisateur.

C’est donc sur une place bondée après le passage du groupe I Love My Neighours que Monsieur le maire, Louis Vogel, remerciant le public, les forces de l’ordre, les secouristes et les organisateurs confirma cette volonté de rendre la place Saint Jean aux piétons et de renouveler l’expérience rapidement.

La fête du « Bruit de Melun » a enfin un successeur !

La nuit tombait et il restait à passer nos amis des SPAMS (je vous les présente plus) histoire de faire montrer très fort la température avant l’arrivée des Fatals Picards ! Et je vous garanti qu’elle est bien montée la température… Impossible de se rafraîchir dans la fontaine dont l’eau n’est ni bonne pour la baignade, ni potable (même avec un ricard). En revanche, les buvettes et food trucks, répartis en demi cercle façon camp retranché autour de la place ont fait couler la bière à flots.

Baignade interdite aux Affolantes 2017, Melun.

Baignade interdite aux Affolantes 2017, Melun.

Eau non potable, filez à la buvette ! Affolantes de Melun 2017

Eau non potable, filez à la buvette ! Affolantes de Melun 2017

Oui, les Fatals Picards étaient sur scène à Melun, Seine et Marne !

Le groupe co-fondé par Ivan Callot et Laurent Honel début 2001, après avoir écumé (les scènes) des bars parisiens avec ses chansons à textes qui dérangent, est de plus en plus populaire et multiplie les dates à travers la France.

Les radios les boudent, c’est pas grave, ils assurent ! Ils ont déjà vendu plus de 224 000 albums (au nombre de sept) et assurés plus de 1 200 concerts… Bref, à écouter d’état d’urgence… (renseignements sur leur site)

Oui, les Fatals Picards sont aux affolantes 2017 à Melun

Oui, les Fatals Picards sont aux affolantes 2017 à Melun

De mon côté, je dois adresser un très grand merci à Simon Pigot, co-organisateur des Affolantes et patron de L’Abreuvoir (où étaient passés les SPAMS) pour son accréditation comme photographe aux côtés de nombreux confrères et consœurs.  J’ai débuté le tri des images et vais vous livrer ici une toute petite sélection faisant la part belle aux organisateurs en général et au public en particulier car sans eux, sans vous, pas de  festival !

Pour les photographies des zicos…faudra attendre un peu.

Et encore, bravo à la Mairie de Melun d’avoir répondu favorablement à la demande des organisateurs pour l’utilisation de ce lieu. Vivement l’édition 2018.

Comme toujours, si une ou plusieurs images vous intéressent, contactez-moi…j’étudie toutes les demandes.

Ma première sélection des Affolantes 2017, spéciale Prix du public est disponible sur ma page FLICKR

Vous allez adorer les Spams…

Les Spams n'attendent pas pour mettre le feu au Blackstone de Barbizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

Vous le savez, c’est derniers temps, j’ai fait pas mal de photos de festivals et concerts. Il manquait à ma collection celles de mes potes des Spams.

Ils s’appellent Kris, Lolo, Nico, Steve et Tof . Il ne s’agit pas de noms de courriels indésirables (ou pourriels suivant le terme québécois) ou de virus informatiques  mais biens des Zicos d’un groupe exceptionnel de reprises aussi improbables qu’éclectiques et de medleys sans fin ! Ils sont tous chevelus (ou presque !), barbus (ou quasi) et souvent génétiquement très proches (je vous laisse trouver qui est le frère de qui et dans quel ordre). Ils passaient samedi 18 juin au Black Stone de Barbizon, l’occasion pour moi de passer un très bon moment et de faire des images à 6400 ISO. En plus de l’ambiance du concert, j’en ai profité pour tirer quelques portraits de nos artistes à découvrir dans l’album (voir bas de page). Toutes ressemblances avec certains musiciens des MST n’est sans doute pas fortuites !

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Et si je faisais des photos de concert pour tester les limites de mon boîtier (épisode 2)

Kris, Concert Spams, Barbizon, (c) 2016 Greg Clouzeau
Derrière le bar, (C) 2016 Greg Clouzeau

Derrière le bar, (C) 2016 Greg Clouzeau

Hier je vous proposais de tester les limites de nos boîtiers et du miens (épisode 1) en allant faire quelques photos de concert, c’est à dire dans des conditions extrêmes en termes de lumière. Une galère en termes de mise au point pour les autofocus. Une galère aussi pour trouver le bon couple vitesse, ouverture afin d’éviter les flous de bouger et les zones complètement cramées. Voyons la suite de ce test et quelques conseils pour faire des photos de concert.

Quels réglages effectuer avant de commencer à prendre des photos ?

J’ai dit que l’on allait quitter le mode automatique pour pouvoir faire des réglages. Je commence par celui de la sensibilité (dans la mesure où c’est possible avec votre appareil !) Si ce n’est pas possible, faites des tests avec les modes « scène de nuit », « musée » ou même « portrait ».

La sensibilité, c’est les ISO.

Une image brûlée est définitivement perdue. Mieux vaut donc sous-exposer un peu que l’inverse. Sur une scène très éclairée, on peut envisager de faire des photos à partir de 800 ISO. Dans un pub, c’est hautement improbable !
Les boîtiers pros types Canon 5D, 7D ou Nikon D700, D3 par exemple peuvent monter sans souci à 3200 ISO, voir 6400 ISO.
Sur les boîtiers d’entrée de gamme  je vous déconseille vivement de monter au-delà de 800 ISO sous peine d’avoir du bruit (voir épisode 1). Cela dit,  il vaut mieux ça qu’une photo floue ! Donc, si votre appareil le permet montez encore les ISO mais il faudra passer par des logiciels pour corriger le bruit en post-traitement. Perso, comme j’aime pas travailler sur les images, je fais tout mon possible pour éviter le post traitement !

Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

C’est quoi la balance des blancs ?

Les pros shootent tous en RAW (en concert ou ailleurs). Cela leur permet de modifier la balance des blancs en post-traitement, c’est à dire de corriger les couleurs si le blanc n’a pas été considéré comme tel par le logiciel de l’appareil. La lumière notamment les rouge et verte sont parfois trop présente sur scène et personne n’aime se voir comme ça ! Sur mes boîtiers, j’ai tendance à rester en mode automatique pour la balance des blancs, celle-ci fonctionnant très bien . En revanche, je n’ai ni le temps, ni l’envie de passer du temps en post traitement. Je shoote presque toujours en JPEG et mes possibilités de corrections sont donc limitées…

Quel mode choisir ? Manuel, Semi-automatique, priorité à la Vitesse ou à l’Ouverture ?

Ici, on a besoin de capter de la lumière, parfois faible, sur des sujets en mouvement que l’on veut plus ou moins figer. Je fixe donc mon ouverture à f4 et laisse mon boîtier chercher la vitesse la plus élevée possible pour avoir une image juste. Sur un boîtier Canon, c’est le mode Av (A chez Nikon), c’est à dire « priorité ouverture ». Le boitier détermine le temps d’exposition qui va bien en fonction de la luminosité de la mesure (spot, voir épisode 1) et de la sensibilité choisie.

Mais il n’y a pas de règle absolue ! Certains pros qui travaillent avec des objectifs ouvrant à f1,8 vont fixer une vitesse genre 1/125s sachant que leur objectif le permet. C’est le mode Tv, c’est à dire « priorité  vitesse ». Le boitier détermine l’ouverture qui va bien en fonction de la luminosité de la scène, de la sensibilité  et de la vitesse fixée que tu as choisi.

La bonne vitesse pour éviter un flou de bouger doit être un chiffre qui ne doit pas être inférieur à celui de la focale m’a t’on dit. En gros 1/100 pour 105 mm… Mouais ! En dessous de 1/80, sur scène, tous mouvements entraînent un flou ! Il faut augmenter la sensibilité ISO pour obtenir une vitesse d’obturation suffisante (par exemple 1/200 si le chanteur est très mobile). Mais comme je  suis ici au taquet en ISO (6400) et en ouverture de diaphragme (f4), il ne me reste plus qu’à surveiller la vitesse d’obturation. La vitesse minimum recherchée serait de 1/125°s …

Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

Les instruments peuvent offrir d’intéressantes possibilités de cadrage et de construction de l’image (ici en triangle). Mais dans certaines images (comme ici), le déplacement du manche peut aussi masquer un zicos !

 

Comment faire des photos de concert sans objectif pro ?

Si vous n’avez ni une optique pro, ni même un gros zoom d’entrée de gamme, vous pouvez vous rabattre sur des objectifs fixes qui ont souvent de grandes ouvertures de diaphragme qui permettent de travailler dans des ambiances lumineuses difficiles.En revanche, vous serez limité au niveau des cadrages. Bah oui, en concert on ne peut pas trop bouger et une optique fixe ça ne zoome pas…

En bref pour photographier un concert ?

  • Appareil photo reflex ou réglable priorité ouverture
  • Objectif: de préférence un zoom ou une focale fixe à grande ouverture
  • Sensibilité : 3200 ISO
  • Mode de mesure de lumière : SPOT
  • Programme d’exposition : Semi automatique à priorité ouverture
  • Ouverture de diaphragme : f/4
  • Vitesse d’obturation : au moins 1/125s
  • Mise au point : autofocus sur le collimateur central
  • Balance des blancs : Auto

Et mon Canon EOS 5DII ?

La qualité des images est excellente et les détails sont bien préservés jusqu’à 1600 ISO, où les images sont encore pleinement satisfaisantes. Jusqu’à 6400 ISO, les images sont parfaitement exploitables et le bruit chromatique est bien contenu, même sans application du filtre de réduction du bruit électronique. En même temps, c’est bien pour ça que c’est un boîtier pro !

Bastos, Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

Bastos, Au concert des MST, Pub de Barbizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

Allez, je vous montre tout l’album du concert … Pour ça il suffit de cliquer sur la photo !
Concert MST Barbizon

Ou le lien suivant : https://flic.kr/s/aHsksZsgeo

Et si je faisais des photos de concert pour tester les limites de mon boîtier (épisode 1) ?

Concert des MST à Barbizon (C) 2016 Greg Clouzeau

Concert des MST à Barbizon (C) 2016 Greg Clouzeau

Mon boîtier habituel commence à montrer quelques signes de fatigue. Avec plus de 50 000 clics pour un boîtier reflex  amateur, c’est déjà pas mal. Du coup, une belle occasion (merci Mimi) m’a permis de renouveler mon matériel et de basculer sur un vrai boîtier pro, c’est à dire avec un capteur plein format et des optiques de qualité ! Comment tester ses limites ? Et bien pourquoi ne pas s’essayer à la photo de concert ? Les conditions de lumières sont telles qu’il va falloir pousser les ISO au max et se mettre au taquet en ouverture de diaph’ Allez hop, une petite virée entre potes dans un Pub du Pays de Fontainebleau, à Barbizon, le long de l’ex N7, pour voir quelques « Musiciens Sans Talent ».

Enfin… c’est ce qu’ils disent, parce qu’en vrai, ils envoient du bois les M.S.T. !

Voici donc quelques premières images (les autres arrivent) et quelques conseils issus de ce test photo pour celles et ceux qui voudraient s’y essayer.

Pourquoi un Pub ?

Il n’est pas de bon Pub qui n’organise pas des concerts, des scènes ouvertes ou des Jams ! Faire des photos de concert d’artistes célèbres est souvent une vraie galère pour les photographes amateurs (et même certains pros). Droit à l’image des artistes, accréditations difficiles à obtenir, concurrence avec les autres pros, scène éloignée… En revanche, les patrons de Pub sont souvent bien plus accueillant et les artistes qui les fréquentent également ! Merci donc à Gilles et aux artistes des MST pour l’invitation.

Pourquoi tester mon boîtier en concert ?

Dans un concert, tout est réuni pour vous faire rater vos photos ! La lumière provient de spots de multiples couleurs alors que la salle est plongée dans le noir. Les contre-jours sont nombreux et surtout, cette lumière change et bouge beaucoup ce qui perturbe les mesures et la mise au point. Et bien entendu, le flash est interdit… En plus, les zicos et le public n’arrêtent pas eux aussi de bouger ! Figer l’instant T avec une basse lumière devient plus complexe qu’ailleurs et il faut pousser les capacités de son appareil jusqu’à ses limites. Plus facile à faire avec un appareil de pro qu’avec un reflex amateur, un smartphone ou un compact. Par ailleurs, beaucoup d’éléments peuvent gêner la composition de l’image : les micros, les câbles en tout genre, le public…et c’est sans parler des éléments disgracieux qui ornent parfois les murs de la salle. Bref, pour les photographes, c’est aussi Rock & Roll !

Concert des MST et +, Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

Concert des MST et +, Barbizon, (C) 2016 greg Clouzeau

C’est quoi la différence entre une photo avec un boîtier pro et un smartphone !

Les boîtiers d’entrée de gamme sont assez limités en performance : format de l’image réduit, ouverture et sensibilité maximale limitée… Par exemple, un boîtier amateur offre rarement une plage de réglage des ISO performante au-delà de 800 et les objectifs standards ont des ouvertures comprises entre 3,5 et 5,6 alors qu’une optique professionnelle ira jusqu’à 1,8. Idéal en basse lumière.

Pour les smartphone nouvelle génération, les appareils photos ont fait d’énormes progrès mais le capteur reste de taille réduite et le zoom numérique très mauvais. Ceci dit, ils sont en général assez doués en basse lumière et ouvrent souvent autour de 2. En grand angle, ils permettent donc de faire des photographies correctes dans des conditions difficiles même si vous ne maîtrisez rien des réglages. Mieux vaut ne pas espérer en faire des tirages sur papier de 30*40 cm.

Petits exemples.

Agrandissement à 100 % d'une image prise avec un Canon EOS 5DII à 6400 ISO

Agrandissement à 100 % d’une image prise avec un Canon EOS 5DII à 6400 ISO

Agrandissement à 100 % d'une image faite avec un smartphone Xpéria Sony

Agrandissement à 100 % d’une image faite avec un smartphone Xpéria Sony

A gauche un extrait d’une image prise avec un boîtier pro en dehors de la zone de mise au point à 6400 ISO, f4 et un zoom de 105 mm. L’image présente un grain encore acceptable, le noir du fond est …noir et l’on distingue même les poils sur les bras.

A droite, une image issue d’un smartphone. inutile de vous dire qu’une impression papier ne serait pas du plus bel effet ! Au delà d’un tirage 10*15 cm, cela devient très moche… à moins d’y passer des heures en post-traitement…et encore.

 

Bref, à partir de 800 ISO, l’image se dégrade. On parle de bruit (dans un concert c’est normal…) numérique, c’est à dire que certaines parties de l’image font apparaître de gros carrés et parfois de la couleur la où il n’y en avait pas.

Comment mesurer la lumière pour des photos de concert ?

Si vous faites une mesure de lumière globale, forcement, ça va pas le faire et comme en plus elle change tout le temps, l’autofocus risque de ramer pas mal avant de faire une mise au point net. Il faut donc croiser les doigts si vous avez un smartphone ou quitter les modes automatiques des reflex.

Du coup, j’opte pour une mesure de lumière dit « spot » qui permet de mesurer en un endroit précis de l’image (environ 3%) que l’on veut être bien exposé. Le reste sera peut être plus foncé ou plus clair mais votre sujet sera juste.

En effet,  dans les modes automatiques, un reflex effectue une mesure de la lumière sur plusieurs zones (« évaluative » chez Canon et « matricielle » chez Nikon), or comme l’essentiel de la scène est sombre, le boîtier va surexposer l’image et le chanteur sera cramé (complètement blanc) ! Pour éviter ce phénomène, il faut mesurer la lumière uniquement sur l’artiste. Même la solution intermédiaire dite « mesure pondérée centrale » qui calcule l’exposition sur environ 15% de l’image à partir du centre, ne vous sauvera pas des forts contrastes.

Là encore, l’avantage ira aux reflex haut de gamme dont les performances de l’autofocus permettent de prendre en rafale de nombreuses images tout en suivant le sujet pour faire la mise au point. En parlant de mise au point, le top c’est de la faire sur les yeux de votre sujet (même si les chanteurs les ferment beaucoup !) Avec un zoom optique pro à f1,8, la profondeur de champ est très réduite, l’image est flou juste derrière et juste devant.  Perso, je préfère travailler si c’est possible autour de f4 qui laisse un peu plus de marge. En faisant la mise au point sur le micro ou la bouche, le visage devrait être net. En revanche, rien à faire, le passage d’un spot blanc a quand même cramé une petite partie de la main de Bastos…mais rien de grave.

 

Concert des MST, Barbizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

Concert des MST, Barbizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

 

Couleur ou noir et blanc ?

Perso, je suis un fan du noir et blanc ! En plus cela évitera à vos sujets de ressembler à Shrek, Hulk ou n’importe quel Barbapapa. En effet, dans les concerts, on trouve généralement une alternance de lumières vertes, rouges, bleues qui sont du plus mauvais effet sur certaines images. Je vous recommande donc vivement d’opter pour le noir et blanc. Sinon, la couleur cela peut aussi donner de beaux effets graphiques et les fans d’Andy Warhol vont adorer.

MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

MST en concert dans un Pub à Barizon, (C) 2016 Greg Clouzeau

 

Bref, je récapitule :

  • faites vous plaisir dans les pubs (avec modération)
  • préférez un boîtier pro pour faire de belles images dans ces conditions difficiles si vous voulez faire des tirages papier,
  • quittez les modes automatiques pour forcer certains réglages (j’y reviendrai dans le second épisode),
  • mesurez la lumière sur la plus petite partie de l’image (mesure spot) directement sur le sujet principal,
  • ne manquez pas la suite de l’épisode !

 

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